Avec Synaptic Resonances, le chorégraphe béninois Nourou-Deen Eniola explore le dialogue entre danse contemporaine, mapping vidéo et imaginaires culturels africains. Présentée en sortie de résidence le 17 octobre 2026 au Centre culturel Brin de Chocolat, à Lomé, cette création associe recherche technologique et expression corporelle.
Comment le corps réagit-il à une image numérique ? Que devient le geste lorsqu’il rencontre le son, la lumière et les projections visuelles ? Ces questions sont au cœur de Synaptic Resonances, une création chorégraphique contemporaine portée par Géants Arts Togo et No’oXpertises.
Artiste, danseur, chorégraphe, directeur artistique et formateur basé au Bénin, Nourou-Deen Eniola fait du numérique un terrain d’expérimentation artistique. Son travail explore les interactions entre le corps et les dispositifs visuels et sonores. « Comment combiner le numérique face au corps et le corps face au numérique ? », interroge-t-il. La pièce cherche ainsi à établir un dialogue entre mouvement, son et image.
Le titre traduit cette volonté de connexion. « Synaptique » évoque les croisements et les rencontres, tandis que la résonance renvoie à ce qui se prolonge et se projette dans l’espace. Pour le chorégraphe, Synaptic Resonances « fait le lien direct entre le corps, l’image, le son et l’énergie en général ».

Une technologie nourrie d’imaginaires africains
Dans cette création, le mapping vidéo ne constitue pas uniquement un élément scénographique. Il devient un moyen d’explorer les possibilités du numérique à partir de références culturelles africaines. Les images convoquent notamment des univers du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Nigeria.
« Nous avons eu envie de traverser notre culture parce qu’on ne peut pas parler aujourd’hui de l’art contemporain africain sans parler vraiment de ce que nous avons de culturel propre à nous », explique Nourou-Deen Eniola. Il entend ainsi inscrire les outils numériques dans des imaginaires et des histoires qui font écho aux réalités du continent.
Cette recherche marque également une nouvelle étape dans son parcours artistique. Le chorégraphe expérimente pour la première fois le mapping vidéo en relation directe avec le geste chorégraphique, explorant les possibilités de cette technologie dans l’écriture du mouvement.
La création réunit trois interprètes togolaises : Bagna Malimda, Dogbé Akossiwa Kafui et Yérima Adjarato. Leurs présences et leurs trajectoires corporelles participent à la construction de la pièce. Le mapping vidéo est assuré par Naly Rak, depuis Madagascar, tandis que Xtrema apporte son conseil artistique. Cette collaboration rassemble ainsi des compétences issues de plusieurs pays autour d’une même recherche chorégraphique.

Trois corps féminins, plusieurs récits
Au-delà du dialogue entre danse et numérique, Synaptic Resonances s’intéresse aux expériences des femmes. À travers les trois interprètes, Nourou-Deen Eniola explore leurs réalités quotidiennes, les bouleversements qu’elles traversent et les manières dont elles vivent et racontent leurs expériences.
« Nous racontons également la femme à travers ce spectacle-là », affirme-t-il. Le corps devient alors un espace de narration, où les singularités de chaque interprète contribuent à faire émerger différents récits. La démarche vise également à attirer des spectateurs sensibles aux univers numériques, tout en proposant une expérience ancrée dans la danse contemporaine et les références culturelles africaines.
Une création appelée à poursuivre son chemin
La sortie de résidence du 17 octobre 2026 constitue une étape du processus de création. À l’issue de cette présentation, l’équipe a recueilli les réactions du public afin d’identifier les ajustements nécessaires avant le retour en studio.
« Nous avons eu des retours, nous avons quand même vu ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. Qu’est-ce qu’il faut corriger ? », explique le chorégraphe. Le travail doit notamment se poursuivre sur le son, la lumière, les gestes, l’occupation de l’espace et le mapping vidéo.
Nourou-Deen Eniola ambitionne de conduire Synaptic Resonances vers une version aboutie, destinée à être présentée sur d’autres scènes. Il envisage sa diffusion au Bénin, au Burkina Faso et plus largement en Afrique de l’Ouest. À travers ce projet, il souhaite contribuer au renouvellement des écritures chorégraphiques contemporaines et encourager d’autres artistes à explorer les possibilités offertes par les technologies numériques.

