Ce mercredi 12 août 2026, Espéra Donouvossi soutient sa thèse de doctorat en cotutelle avec les Universités “Cape Coast” au Ghana et “Hildesheim” en Allemagne. Cette recherche est consacrée à la formulation participative des politiques culturelles dans la cité historique d’Abomey. Fruit de plus de quinze années de pratique internationale, ce travail académique majeur propose le modèle conceptuel “Sharp” afin de réconcilier décision publique, savoirs endogènes et communautés locales.
Le paysage culturel africain s’enrichit d’une contribution théorique et stratégique de premier ordre. Intitulée “Exploring Participatory Cultural Policy Formulation for Abomey, a Historic City with World Heritage Property”, la thèse de doctorat d’Espéra Donouvossi explore les mécanismes complexes reliant gouvernance locale, patrimoine mondial et participation citoyenne. Le chercheur analyse comment les institutions, les acteurs traditionnels et les professionnels de la culture peuvent concevoir des politiques publiques véritablement inclusives.
Pour le chercheur, cette démarche académique ne constitue pas une rupture avec le terrain. Au contraire, elle représente le prolongement naturel d’une carrière internationale déjà bien remplie. « Je n’ai pas entrepris cette thèse pour m’éloigner de la pratique, mais pour mieux la comprendre. Après plusieurs années passées à concevoir, gérer et évaluer des projets culturels, je voulais interroger scientifiquement les mécanismes qui permettent de transformer une ambition politique en actions réellement appropriées par les institutions et les communautés », explique le chercheur.
Ancien journaliste culturel et critique d’art, Espéra Donouvossi s’est forgé un

profilrigoureux de chercheur-praticien. Ses fonctions managériales au sein de structures d’envergure telles qu’“Arterial Network” en Afrique du Sud, le “Goethe-Institut” au Nigeria, l’“Iccrom” en Italie et “Expertise France” en Éthiopie ont nourri cette double exigence.
L’héritage intellectuel de Camille Amouro
En s’appuyant sur des entretiens approfondis, des groupes de discussion et une observation de terrain rigoureuse à Abomey, la recherche débouche sur une modélisation concrète : le cadre “Sharp”. Cet outil novateur s’articule autour de cinq dimensions fondamentales destinées à structurer des politiques culturelles plus durables, intégrées, adaptables, compréhensibles et participatives. « La recherche scientifique devient particulièrement utile lorsqu’elle aide à mieux décider, à mieux planifier et à mieux agir. Mon ambition est de contribuer à rapprocher davantage chercheurs, décideurs publics, professionnels et communautés afin que les connaissances produites puissent nourrir la formulation des politiques ainsi que la conception de programmes culturels plus efficaces », développe-t-il.
Il faut noter que l’étude porte également une dimension mémorielle et humaine profondément marquante. L’auteur a choisi de dédier sa thèse à l’écrivain et intellectuel béninois Camille Amouro (regretté de mémoire), dont les précieux conseils ont guidé ses premiers pas dans la recherche.
Lors de la genèse du projet, Camille Amouro avait interpellé le chercheur en lui demandant s’il était capable de théoriser sa problématique aussi bien en anglais qu’en fongbé. Cette exigence de lisibilité et d’ancrage linguistique continue d’irradier l’ensemble du travail d’Espéra Donouvossi. Cela prouve qu’aucune politique culturelle ne peut réussir sans dialoguer intimement avec la langue et les savoirs des populations locales.


Je suis simplement emerveillé et fier. Chapeau bas Dr