Ère Wadagni : Cap sur le patrimoine pour le nouveau ministre de la Culture

Le paysage institutionnel de la culture béninoise entame une mue historique. Deux jours après l’investiture du nouveau Président de la République ce dimanche 24 mai 2026, la passation de charges s’est déroulée au ministère chargé de la culture au Bénin. C’était ce mardi 26 mai 2026 à Cotonou. Cette transition s’inscrit directement dans la continuité des grandes orientations de l’État, marquant l’avènement d’une nouvelle ère gouvernementale sous la direction du Président Romuald Wadagni.

Shadiya Alimatou Assouma, ancienne Ministre intérimaire du Tourisme, de la Culture et des Arts, a cédé les charges à Yassine Latoundji, Ministre entrant de la Culture, des Arts et du Patrimoine (Mcap). Au cœur de cette passation, une évolution sémantique majeure traduit les nouvelles priorités du sommet de l’État. Il s’agit de l’intégration explicite de la dimension patrimoniale dans l’intitulé du ministère. Pour Shadiya Alimatou Assouma, Ministre intérimaire sortante, « ce choix traduit la volonté de l’État d’afficher davantage la place centrale du patrimoine béninois dans la construction du récit national, dans la diplomatie culturelle et dans les politiques de développement durable ». Désormais, le défi majeur consistera à « accélérer la marche visant à faire de ces acquis et de notre richesse culturelle, un véritable levier de création de richesse, d’emplois, d’innovation, d’attractivité touristique et de rayonnement mondial ».

Dans son allocution, Shadiya Alimatou Assouma a tenu à rappeler la solidité des fondations posées au cours de sa mission. En effet, elle rend hommage à la vision du Président Patrice Talon dont les réformes ont fait du secteur un pilier de la transformation nationale. Elle a également salué l’appui constant du Ministre sortant et Député, Jean-Michel Abimbola. Ce dernier est resté à ses côtés pendant la période d’intérim. Shadiya Alimatou Assouma a décrit le département dont hérite le nouveau ministre comme un « ministère de mémoire, d’identité, d’avenir, de transmission de savoir, de savoir-faire et de savoir être ». Elle s’est dite « convaincue que votre expérience, votre sens de l’écoute contribueront à consolider les acquis ».

Consolider l’héritage de la rupture
L’autorité entrante prend les commandes d’un secteur dynamique, mais confronté à d’importants défis de structuration. En prenant officiellement les rênes du portefeuille, le ministre entrant, Yassine Latoundji, a exprimé sa pleine mesure des responsabilités qui lui incombent. Il salue la vision du Chef de l’État qui place l’identité nationale au cœur du développement. Yassine Latoundji a affirmé recevoir ce témoin avec humilité et détermination. Dans son allocution de prise de fonction, le nouveau ministre a déclaré : « Recevoir la charge d’un ministère de mémoire et d’identité est un honneur qui oblige. Notre mission sera d’inscrire nos pas dans la continuité des chantiers ouverts, tout en insufflant une dynamique nouvelle pour que le génie créatif béninois soit un contributeur majeur de notre économie. Nous travaillerons sans relâche, avec l’ensemble des cadres et des acteurs culturels, pour que le Bénin s’affirme plus que jamais comme le pôle d’excellence de l’économie créative en Afrique. »

Avant de clore son propos, Shadiya Alimatou Assouma, ministre sortante a attiré son attention sur plusieurs dossiers prioritaires en cours de consolidation. Il s’agit entre autres des réformes institutionnelles. Ici, il revient au nouveau ministre de veiller à « la mise en place d’un nouveau cadre de poursuite des missions des structures dernièrement dissoutes ». L’on peut citer notamment l’Agence Nationale des Patrimoines Touristiques (Anpt), l’Agence de développement des Arts et de la Culture (Adac), la Société de la Logistique des Evénements (Sole), ainsi que les agences de sauvegarde de la culture. Le second aspect concerne les chantiers muséaux. Il s’agira de conduire les arbitrages nécessaires pour faire avancer la muséographie et la scénographie des grands projets, et de lever les préalables requis pour « en faire de véritables leviers de mise en tourisme de la Destination Bénin ». De même la question liée au statut de l’artiste a été soulignée. Il faut comprendre qu’un accent particulier devra être mis sur « l’opérationnalisation des textes sur le statut de l’artiste et la Maison de l’artiste » ainsi que sur la recherche de financements innovants pour soutenir la création béninoise.

En clôturant cette cérémonie protocolaire, Shadiya Alimatou Assouma a rappelé l’essence profonde de la mission qui attend le nouveau ministre. « Servir l’État est une exigence. Servir la culture est une responsabilité plus grande encore, car il s’agit de servir à la fois le passé, le présent et l’avenir d’un peuple », a-t-elle précisé. Un message fort pour un Bénin qui aspire à demeurer l’épicentre et le hub de l’économie créative en Afrique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *