Le Centre culturel chinois au Bénin a accueilli, ce jeudi 14 mai 2026, une conférence-débat suivie d’une exposition photographique. L’événement a réuni des autorités locales, des élus et des acteurs de la société civile venus explorer comment la valorisation du patrimoine et la créativité peuvent transformer des contraintes géographiques en véritables moteurs d’attractivité touristique.
« La Chine, un modèle de développement pour les pays africains ? Cas de la République du Bénin ». C’est autour de ce thème que Simon Pierre Adovèlandé, conférencier principal et ancien ambassadeur du Bénin en Chine, a captivé l’auditoire. Il a démontré que le développement ne dépend pas uniquement des investissements financiers. Cela repose avant tout sur une vision politique claire, un leadership fort et la capacité à mobiliser les populations autour de la revalorisation de leur propre environnement. « La Chine a refusé de considérer la pauvreté comme une fatalité », a déclaré Simon Pierre Adovèlandé. Pour illustrer son propos, le diplomate a montré comment le pays asiatique a su opérer une véritable métamorphose de ses paysages. Les montagnes, autrefois arides ou enclavées, ont été transformées en sites touristiques d’envergure internationale. De même les espaces naturels isolés ont été valorisés économiquement grâce à des infrastructures audacieuses.
En convertissant ses barrières géographiques en leviers de croissance touristique, la Chine offre un exemple inspirant pour le Bénin, un pays qui regorge de richesses naturelles et historiques prêtes à être révélées au monde. Simon Pierre Adovèlandé a insisté sur cette méthode qui exige une vision à long terme, une planification rigoureuse et une endurance stratégique. A cette occasion, l’ancien ambassadeur a salué la vision « Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeur ». Cette idée a été lancée le 3 février 2026 par le président Patrice Talon. Cette orientation à long terme témoigne de la volonté de bâtir une économie forte, où la culture et le tourisme occupent une place centrale, bien au-delà des seuls cycles politiques.
Convertir les contraintes en trésors touristiques
Simon Pierre Adovèlandé a également mis en avant les progrès récents du Bénin en matière d’infrastructures d’accueil, de modernisation numérique et de gouvernance. Il a souligné que le projet de développement porté par Romuald Wadagni s’inscrit parfaitement dans cette dynamique de rayonnement international.
La rencontre s’est poursuivie par un panel mettant en scène les maires de Cotonou et de Sèmè-Podji, qui ont transposé ces enseignements à l’échelle de leurs municipalités. Luc Gnacadja, maire de Cotonou et ancien ministre de l’Environnement, a insisté sur la nécessité de briser le « contexte d’extraterrestre », cette tendance à croire que la valorisation et les solutions doivent venir de l’extérieur. Il a rappelé l’importance cruciale de préserver et d’exploiter durablement nos propres ressources culturelles et environnementales pour garantir un impact direct sur les communautés.
De son côté, Thomas Singbo, maire de Sèmè-Podji, a plaidé pour un éveil culturel et touristique partant de la base. « Désormais, au niveau du territoire, il n’est plus question d’attendre l’État central. Chaque acteur, au niveau local, a un rôle à jouer. C’est d’abord, avant tout, sa capacité à mobiliser les énergies, à mobiliser les citoyens, et cette force citoyenne, qui va nous permettre, collectivement, de pouvoir atteindre notre objectif », a-t-il détaillé. Pour les élus, valoriser la culture dans de petits périmètres communautaires permet de créer des pôles d’attraction locaux qui, mis ensemble, dynamiseront le tourisme à l’échelle nationale.
La soirée s’est clôturée en beauté par le vernissage de l’exposition « La Chine à travers l’appareil photo d’un ambassadeur ». Les participants ont pu admirer une collection de clichés exclusifs pris par M. Adovèlandé durant son mandat à Pékin. Plus qu’une simple présentation de paysages, cette exposition a célébré le pouvoir de la photographie et de l’art pour jeter des ponts culturels entre les peuples. Un acte qui a permis de montrer que la mémoire visuelle reste l’un des plus puissants vecteurs de promotion du tourisme mondial.


