Les travaux du Colloque Scientifique International du Festival des Masques 2026 se sont ouverts ce samedi 25 juillet à l’École du Patrimoine Africain (Epa) de Porto-Novo. Cette rencontre a réuni chercheurs, universitaires, gardiens de la tradition et passionnés de culture. Ce rendez-vous intellectuel marque le coup d’envoi d’une réflexion approfondie sur la préservation du patrimoine immatériel africain.
Pendant deux jours, la capitale béninoise devient le centre de gravité des débats sur le rôle et la portée des arts du masque et de la spiritualité. Placée sous le thème « Masques, Vodun : héritage et modernité », cette rencontre vise à déconstruire les stéréotypes pour faire entrer les savoirs endogènes dans une démarche scientifique rigoureuse. Les panels d’experts vont explorer la dimension ontologique, culturelle et sociologique du masque, tout en questionnant sa transmission auprès des jeunes générations.
Lors de la cérémonie d’ouverture officielle, plusieurs figures institutionnelles et académiques ont rappelé l’importance stratégique d’allier recherche scientifique et valorisation des identités culturelles. Yassine Latoundji, Ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine a souligné la vocation intellectuelle de cette initiative. « Ce colloque s’inscrit pleinement dans la logique de réhabilitation et de valorisation de nos savoirs ancestraux. Il nous permet de faire un pas décisif vers une meilleure compréhension scientifique du masque et du Vodun, afin de transmettre ce patrimoine vivant avec fierté et rigueur à la postérité », a-t-il laissé entendre.
De son côté, Charlemagne Yankoty, Maire de la ville de Porto-Novo, a insisté sur l’engouement populaire et le rayonnement touristique qu’engendre un tel événement. « Le Festival des Masques est devenu un rendez-vous majeur pour notre capitale. Nous constatons déjà l’arrivée de nombreux touristes, et cette rencontre scientifique confirme que Porto-Novo demeure un haut lieu de dialogue entre nos traditions ancestrales et le monde académique », a-t-il précisé. Quant à Mahugnon Kakpo, Président du Comité des rites Vodun du Bénin, il a mis en avant la nécessité d’étudier scientifiquement ces pratiques. « Le masque et les rites qui l’entourent ne relèvent pas du simple folklore. Il s’agit d’un système de pensée complexe, d’une philosophie et d’une épistémologie qu’il convient de documenter, de préserver et d’enseigner », a-t-il indiqué.
Une tribune académique au cœur des traditions
Porté par Bénin Tourisme en partenariat avec la Ville de Porto-Novo, le Festival des Masques 2026 propose une immersion culturelle totale. L’accès aux différents sites aménagés à cette occasion est entièrement gratuit et ouvert à tous. L’événement conjugue colloques, expositions, concerts géants et animations sur les places historiques de la ville. En plus des célèbres masques du Bénin (Egungun, Zangbéto, Gèlèdè, Gounouko), cette édition accueille des troupes invitées issues de la sous-région ouest-africaine ainsi que des masques chinois, illustrant un dialogue interculturel inédit.
De même, cinq places emblématiques de Porto-Novo (Lokossa, Migan, Abessan, Dangbé Klunon Honto et Houngbo) accueillent simultanément des démonstrations et sorties de masques sacrés et profanes. Pour cette édition, un Village des Festivités interactif a été installé sur le boulevard lagunaire. Ce creuset vise à proposer des ateliers participatifs pour enfants (fabrication de masques, maquillage), des cours de sculpture sur bois ainsi que des dégustations culinaires. Le moment phare de ce festival est la Grande Procession spectaculaire. En effet, le festival culmine par une parade majestueuse sur le bord de la lagune. Cette procession réunie, en effet, l’ensemble des figures masquées pour un défilé unique à couper le souffle.


