Entre les brumes de Limoges et la ferveur d’Abidjan, Sonia Affran trace un sillon littéraire singulier où le thriller psychologique flirte avec l’ésotérisme. Révélée par “Le Secret de Raïssa” et confirmée par l’ambitieux “La Sphère aux Alligators”, l’écrivaine et entrepreneure ne se contente pas de raconter des histoires : elle dissèque les zones d’ombre de l’âme humaine et les non-dits de nos sociétés. À l’occasion de son actualité littéraire, celle qui fait de la lecture un levier d’émancipation pour la jeunesse ivoirienne nous livre les clés de son univers, entre résilience, spiritualité et ambition.
Nos lecteurs seraient honorés de vous découvrir ou de mieux vous connaître. Auriez-vous la gentillesse de vous présenter à eux en quelques mots ?
Je suis Sonia Affran écrivaine romancière, et Auto entrepreneur. J’ai aussi une vraie passion pour les textes anciens et les écrits philosophiques de nos prédécesseurs ! Afin de les partager avec mes chers lecteurs et lectrices. Et par-dessus tout, je suis aussi cette amie qui vous veux du bien.
Vous vivez entre la France et la Côte d’Ivoire. Comment cette double culture influence-t-elle l’atmosphère de vos récits, souvent suspendus entre réalisme social et mysticisme ?
En effet, la richesse de ma culture Africaine basée sur fond de traditions souvent ancestrales combinée à la richesse de ma culture Occidentale basée sur une certaine connaissance alchimiste se ressentent beaucoup dans mes écrits et c’est ce que je souhaite partager avec mes chers lecteurs.
Dans votre premier roman, “Le Secret de Raïssa”, vous abordez de front les séquelles de l’enfance. Pourquoi la littérature est-elle, selon vous, le meilleur support pour briser les tabous familiaux ?
Vous savez …, je pense, que ce que l’on ne peut exprimer verbalement, devrait se laisser imprimer dans le papier afin de servir, d’aider, et de donner surtout la parole aux sans voix. Depuis la création force est de constater, finalement que seuls les écrits restent et traverse le temps, pour nous rappeler, que certaines tragédies familiales liées à l’enfance ont aussi eu lieux avant, afin de nous permettre de briser par anticipation ce tabou au sein même de la sphère familiale
“La Sphère aux Alligators” intègre une forte dimension ésotérique. Est-ce pour vous une manière de traduire la complexité du monde invisible, très présent dans l’imaginaire collectif africain, ou un simple ressort dramatique ?
R/Je pense bien que le collectif africain dans sa psyché à bien intégré profondément l’Afrique et ses mystères. Cette particularité, rend à notre culture cette puissante authenticité au-delà de nos frontières. Ainsi, d’autres cultures, à travers le monde ont fortement puisés dans cette dimension ésotérique pas forcément à la portée de tous, afin de s’éveiller ! Mon roman “La Sphère Aux alligators” est cette ode aux mystères dans toute sa globalité, qui pourrait nous amener à mieux nous questionner sur qui nous sommes, que faisons-nous ici, sur cette terre, et ce que nous sommes capables de faire avec la connaissance.
Vos protagonistes sont souvent confrontés à des descentes aux enfers ou à des trahisons brutales. Qu’est-ce qui vous fascine tant dans la part d’ombre de l’être humain ?
Les véritables douleurs créent toujours un profond changement en l’être humain. Soit en bien ou soit en mal. Et c’est en ces moments-là que tous, révélons notre véritable nature. Celle d’être une proie où le chasseur.
Avec “A-Stone 26 Consulting”, vous portez la casquette d’auteure-éditrice. Quels sont les plus grands défis pour une écrivaine qui décide de reprendre les rênes de sa propre chaîne de production ?
La liberté de ne pas s’autocensurer et laisser libre cours à notre imaginaire. Tel un artiste peintre peignant une toile.
À travers votre “Ong Bulbe” et vos dons de bibliothèques, vous œuvrez pour l’éducation. Quel regard portez-vous sur l’évolution de la consommation du livre chez les jeunes en Côte d’Ivoire aujourd’hui ?
J’ai fait ce constat formidable : les jeunes de la Côte d’Ivoire lisent. L’engouement de cette jeunesse estudiantine au salon du livre, à marquer un tournant décisif dans l’éducation en Côte d’Ivoire ! Acquérir de la connaissance fait aussi partie de leurs priorités, même avec l’ère des réseaux sociaux.
Vos lecteurs notent une progression vers des thèmes de plus en plus sombres et complexes. Vers quels nouveaux territoires littéraires comptez-vous nous emmener pour votre prochain ouvrage ?
Très heureuse donc que mes chers lecteurs et chères lectrices l’ai constaté mais pour l’instant je continuerai sur cette même ligne éditoriale. En effet mon but premier est qu’il découvre le potentiel divin en eux et pour ma part. Les faire descendre en eaux profonde c’est à dire descendre en eux-mêmes. Car, il n’y a qu’à cette condition qu’on refait surface pour découvrir son haut potentiel.


