Sam du Barça : Le stand-up comme un tacle glissé à la mélancolie

Son nom de scène claque comme une promesse de grand spectacle. Monrigui Sara Abdou Samadou, alias Sam du Barça, s’impose aujourd’hui comme le roi incontesté du stand-up au Bénin. Révélé au grand public sur la scène internationale de Mon Premier Montreux, cet enfant de Parakou a troqué ses crampons pour un micro, transposant l’agilité du terrain de football aux planches de théâtre avec une aisance déconcertante.

Pour Sam du Barça, l’humour est un sport de haut niveau qui ne souffre aucune frilosité tactique. Interrogé sur son système de jeu sur scène, l’humoriste refuse de se cantonner à une défense solide. « Je préfère l’attaque imprévisible parce que dans ce que je fais, la partie qui fait le plus rire, c’est la chute. Et plus imprévisible elle est, plus belle elle est », confie Sam du Barça.

Puisant son inspiration directement dans les détails les plus banals et absurdes du quotidien, il s’amuse par exemple à imaginer un sketch entier construit autour de son peigne. Un objet dont il ne se sépare jamais et qu’il personnifie en partenaire jaloux. Mais cette liberté d’impact se double d’une profonde bienveillance. S’il estime qu’il n’existe aucun sujet interdit, Sam s’impose une ligne rouge absolue : le respect des sensibilités. « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. Il faut juste éviter de parler de quelque chose qui dérange quelqu’un », déclare-t-il.

Derrière les éclats de rire lumineux qu’il déclenche dans le public se cache une part d’ombre plus intime : la solitude. Issu d’une très grande famille, l’artiste confie avoir toujours éprouvé le besoin de s’isoler. Pour lui, la scène est devenue le cordon ombilical qui le relie à l’humanité. « Par le mot, je me rapproche des gens parce que j’adore être avec mon public, les faire rire, sentir qu’ils aiment ce que je fais, cette chaleur-là. Cela me fait beaucoup de bien. La solitude, pour moi, est une arme à double tranchant. C’est vrai qu’il y a cette liberté créatrice-là, mais rien ne vaut l’interaction humaine », explique Sam du Barça.

L’humour comme remède à la solitude
Cette confrontation avec le public lui a également enseigné la plus précieuse des vertus artistiques : l’humilité. Sam du Barça se souvient avoir subi un « bide » mémorable juste après avoir reçu une standing ovation, la faute à un excès de confiance. « S’il y a un truc que l’humour nous enseigne à travers le bide, c’est l’humilité », retient-il.

Aujourd’hui, l’humour a radicalement transformé l’existence du jeune homme. « L’humour me donne les moyens de vivre de plus en plus. Mes conditions de vie il y a un an ne sont plus les mêmes que maintenant. Et socialement, je connais une ascension fulgurante », précise-t-il. Ainsi, Sam affirme-t-il sans détour que cet art est désormais toute sa vie. Cette nouvelle notoriété et ce « poids dans la société », Sam du Barça souhaite les mettre au service de la cohésion nationale. S’il avait le pouvoir d’imposer une heure de stand-up aux citoyens et responsables politiques, son message porterait sur le vivre-ensemble et la bienveillance pour démontrer l’absurdité des conflits.

Pour ses prestations internationales, l’humoriste met un point d’honneur à préserver son authenticité, ses origines et surtout son accent béninois. C’est cette fidélité à ses racines de Parakou qui constitue sa force. Désormais attendu de pied ferme par le public de Cotonou pour porter le trophée de “La Relève” à la maison, Sam du Barça est prêt à entrer sur le terrain. Il est décidé à prouver que « le rire est un tacle glissé à la mélancolie ».

 

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