Bénin 2026–2033 : Romuald Wadagni mise sur le tourisme régional et un statut renforcé pour les artistes

À Cotonou, Romuald Wadagni, actuel ministre de l’Économie et des Finances et candidat à la présidentielle de 2026 a dévoilé les grandes lignes de son projet de société. C’est dans la salle rouge du Palais des Congrès, ce samedi 21 mars 2026, qu’il a présenté son programme de société pour la période 2026-2033. Devant un parterre de personnalités, dont plusieurs présidents d’institutions de la République et l’ancien chef d’État Nicéphore Soglo, le candidat a détaillé sa vision, en mettant un accent particulier sur le tourisme, les arts et la culture.

Entre réorganisation territoriale, ambition touristique et réforme du secteur culturel, Romuald Wadagni entend impulser une nouvelle dynamique de développement à l’échelle nationale. Au cœur de sa stratégie figure une réorganisation territoriale du pays en six grandes régions économiques. « Le pays tout entier sera divisé en six régions, et ce sont les anciens départements. Il s’agira de Atacora-Donga, Borgou-Alibori, Zou-Colline, Ouémé-Plateau, Atlantique-Littoral et Mono-Couffo », a-t-il expliqué. Selon lui, cette nouvelle structuration vise à impulser un développement différencié et adapté aux réalités locales. « L’idée, c’est d’établir un plan spécifique de développement de chaque région. Chacune d’elle devra avoir un écosystème économique basé sur ses atouts, ses savoir-faire », a indiqué Romuald Wadagni.

Dans cette dynamique, quatre axes transversaux vont guider l’action publique dans chaque région : l’agriculture, le tourisme, l’industrie et l’innovation. Une approche qui place le tourisme au rang de levier stratégique de développement territorial. Le candidat ambitionne notamment de renforcer l’attractivité touristique du pays en valorisant ses différentes destinations. « Il faudrait que chaque région ait au minimum un village ou une ville de splendeur », a-t-il affirmé. Au-delà de l’attractivité internationale, Romuald Wadagni insiste sur la nécessité de développer le tourisme local. « Le touriste qui vient au Bénin ne doit pas se contenter de se limiter à une partie du pays. (…) Nous voulons que partout il y ait de quoi attirer l’attention du visiteur », a-t-il souligné. Dans cette logique, il appelle à un changement de mentalité des citoyens eux-mêmes : « Nous devons développer le tourisme local. Nous devons faire en sorte que nous-mêmes, nous ayons envie de visiter notre région ». L’objectif affiché est clair. C’est celui de faire du Bénin une destination plurielle, où chaque région devient un pôle d’attraction, capable de retenir aussi bien les touristes étrangers que les voyageurs nationaux.

Vers une reconnaissance sociale et professionnelle des créateurs
Sur le volet des arts et de la culture, Romuald Wadagni a dressé un constat sans détour sur la précarité des acteurs du secteur. « Combien d’entre eux ont accès à une retraite, savent, se soignent ? », s’interroge-t-il. Face à cette réalité, il annonce la mise en place d’un programme d’excellence destiné aux artistes béninois. « Nous avons mis en place un programme d’excellence pour nos jeunes, pour tous nos concitoyens qui sont dans le domaine de l’art et de la culture », a annoncé Romuald Wadagni. Ce programme prévoit notamment l’octroi d’un revenu mensuel aux artistes sélectionnés, afin de leur permettre de se consacrer pleinement à leur création. « Un salaire tous les mois. Parce que le ventre qui a faim ne peut pas réfléchir », a souligné Romuald.

L’accompagnement ne sera pas uniquement financier. Le candidat entend également structurer l’encadrement artistique pour améliorer la compétitivité internationale des œuvres béninoises. « Nous allons apporter cet accompagnement également (…) pour que notre art puisse être exportable, aimé, apprécié par d’autres personnes de cultures différentes », a-t-il précisé. À travers ces propositions, Romuald Wadagni esquisse les contours d’une politique culturelle plus ambitieuse, intégrant à la fois protection sociale, professionnalisation et rayonnement international.

Entre réforme territoriale, valorisation du potentiel touristique et reconnaissance accrue des artistes, le projet présenté se veut à la fois structurant et inclusif. Reste désormais à convaincre les électeurs béninois à l’approche de l’échéance présidentielle de 2026.

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