Burkina-Fitmo 2017 : « Kiséla » interpelle sur les conséquences de la guerre

Burkina-Fitmo 2017 : « Kiséla » interpelle sur les conséquences de la guerre

Assitan Tangara, comédienne malienne. Crédit photo: Tognidaho

JMC 2017

Le ballet des spectacles se poursuit à l’espace culturel Gambidi toujours à la faveur du Fitmo 2017. Ce mardi 07 novembre, le public a dégusté une autre pièce de théâtre intitulée « Kiséla », jouée par AssitanTangara, une comédienne malienne.

Le monologue « Kiséla » est une collaboration de la compagnie « Anwjigi art » du Mali de Tangara Assitan (la comédienne) et Amta, la compagnie de Hermas Gbaguidi(l’auteur du texte) du Bénin.

D’une durée d’environ 1 heure, l’actrice joue le rôle d’une femme qui dans un premier mariage rencontre des difficultés. Prise entre la fourberie et l’infidélité de son mari, elle rencontre « Bon de Dieu » un de ses camarades d’enfance devenu soldat. Elle divorce alors de son premier mari et se lie à Bon de Dieu. Mais le métier de ce dernier l’empêche de vivre pleinement son amour. Elle s’insurge dès lors et se fait la porte-voix de toutes les femmes méprisées, martyrisées, incomprises.

A l’image de sa compatriote Aminata Traoré, écrivaine et activiste des droits de l’homme, elle dénonce les multiples humiliations et souffrances vécues par la femme. Même sa propre mère ne se mêlait pas de ses problèmes aux foyers ; sans doute par devoir d’être soumise selon la tradition comme le souligne Sembène Ousmane dans son roman « Les bouts de bois de Dieu ». « C’est à mon père que je me confiais » souligne-t-elle dans son monologue. Elle s’attaque à la gabegie, la corruption, le complot qui mine le secteur public et privé affaiblissant ainsi les différents systèmes économiques.

Assitan continue toujours, en dénonçant l’un des fléaux qui avilissent la société avec son lot de conséquences : la guerre. Le spectacle dépeint la situation des femmes de soldats. L’angoisse qu’elles vivent au quotidien. « Cela fait longtemps que je n’ai pas de ses nouvelles, mais je me rends coquette tous les jours espérant qu’il franchisse le seuil de la porte d’une minute à l’autre » dit l’actrice sur scène. Les différents business sinon magouilles (trafic, d’armes, de drogue …) qui s’opèrent autour de la guerre ne sont pas en reste. A l’entendre, on se croirait en train de lire le roman « Allah n’est pas obligé » de Amadou Kourouma. « Ce que je veux que le spectateur retienne de mon message, c’est l’indécision en amour et la souffrance des femmes de soldats » a confié Tangara Assitan à la fin de sa prestation.

Guira Maïmouna (Stg)

Lire aussi dans cette catégorie :