Sommet “Africa Forward 2026” : Le Bénin déploie son offensive culturelle et touristique à Nairobi

À la veille de la prise de fonction du président élu Romuald Wadagni, le Bénin marque sa présence au sommet “Africa Forward” de Nairobi (les 11 et 12 mai 2026). À travers le forum “Inspire & Connect”, le pays mise sur ses industries culturelles et son patrimoine mémoriel pour s’imposer comme la nouvelle destination phare de l’Afrique de l’Ouest.

Pour le Bénin, Nairobi n’est pas seulement un rendez-vous diplomatique. Ce pays est une vitrine pour son ambitieuse politique culturelle engagée depuis 2016. La délégation met en exergue deux piliers majeurs de l’attractivité nationale. En effet, le Bénin met en avant le Tourisme Mémoriel et Muséal. Cette vision est portée par des figures comme Marie-Cécile Zinsou. La délégation entend valoriser la restitution des biens culturels et la modernisation des infrastructures et ce, à l’image de la rénovation du Palais des Gouverneurs.

L’objectif est clair. Il s’agit d’attirer des investissements pour faire du patrimoine béninois un moteur de croissance économique. “La Culture 3.0” est le second axe. A travers ce pan, le pays expose sa capacité à marier histoire et futurisme. Mahoutondji Kinmagbo y présente le projet “Honmè”. Ce projet est une immersion virtuelle en 3D dans le palais royal de Béhanzin, tandis que Pierrick Chabi (Wakatoon) illustre l’exportation du génie créatif béninois via le dessin animé interactif.

Un Soft Power porté par des talents mondiaux
Le rayonnement béninois à Nairobi s’appuie également sur des personnalités influentes de la diaspora et des cultures urbaines. La présence de Fif Tobossi, co-fondateur du média de référence Booska-P, souligne la volonté du pays de dominer l’écosystème des cultures urbaines francophones. En intégrant le sport (via Ahmed Taofik) et le leadership féminin (Godline Agbidinoukoun) à sa stratégie, le Bénin démontre que son développement repose sur un écosystème créatif complet et mature.

Si la culture est sous les projecteurs, les autres secteurs clés complètent cette stratégie de séduction. Il s’agit d’abord de l’entrepreneuriat et l’Intelligence Artificielle. Il faut comprendre ici que des pépites technologiques comme Ayomi (financement par l’Ia) et l’école Epitech Afrique positionnent le pays comme un hub numérique régional. Ensuite, les enjeux financiers sont aussi mis en exergues. En effet, dans les coulisses, les délégués béninois plaident pour une réforme de l’architecture financière internationale. Le but est de faciliter l’accès aux financements pour les économies en transition. Enfin, il y a la transition politique. Cette offensive de “soft power” à Nairobi intervient dans un climat de continuité et de dynamisme, à seulement deux semaines de l’investiture du nouveau président, Romuald Wadagni, prévue pour le 24 mai 2026.

Il faut noter que le Bénin utilise la plateforme “Africa Forward” pour confirmer son statut de “puissance culturelle” montante. Il s’agit d’un positionnement capable de transformer son héritage historique en un produit touristique et technologique de classe mondiale. Cette édition est placée sous le thème « Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance ». Co-présidé par le Kenya et la France, l’événement vise à bâtir une relation économique renouvelée, axée sur l’investissement, le numérique, la transition énergétique et la souveraineté alimentaire.

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