Le vernissage qui inaugure le Forum Diaspora Connect 2026 place la création artistique au cœur d’une réflexion sur les liens entre le Bénin et sa diaspora. En effet, le 30 juillet 2026, entre 12h45 et 13h25, le Forum Diaspora Connect ouvre sa première journée de travail par un temps artistique : le vernissage des œuvres de Sika Da Silveira et Yannick Folly. Ce positionnement, avant même les panels institutionnels et économiques qui suivront, donne le ton d’un forum qui articule sa réflexion autour d’un fil sensible (la mémoire, le territoire, la transmission) avant de l’ancrer dans les questions de développement et d’entrepreneuriat qui structureront la suite du programme.
SIKA DA SILVEIRA, L’HUMAIN RELIÉ AU COSMOS
Formée en graphisme, Sika da Silveira construit son langage plastique en autodidacte, à partir d’une matière qu’elle pratique depuis l’enfance : la perle. Née en 1985, elle a débuté sa carrière comme graphiste avant de se consacrer pleinement aux arts plastiques, déployant une pratique qui traverse la peinture, l’installation, la photographie et la performance. Son travail interroge la relation entre l’humain et le cosmos, avec une attention particulière portée aux arbres matures, qu’elle considère comme dépositaires de la mémoire de l’humanité. Cette approche, qui relie le geste artisanal de la perle à des installations contemporaines, a valu à l’artiste de représenter le Bénin à la Biennale de l’Art Africain Contemporain (Dak’Art) en 2024.
YANICK FOLLY, L’ENFANCE COMME TERRITOIRE D’EXPLORATION
Photographe autodidacte né à Cotonou, Yanick Folly a fait ses premiers pas en tant que reporter photo, une expérience qui a nourri son goût du voyage et de la rencontre. Grand parcoureur du Bénin et de la sous-région ouest-africaine, il puise son inspiration dans les lieux traversés et dans les souvenirs d’enfance, thème auquel il consacre l’essentiel de son travail photographique. Ses images fixent des instants de vie associés à l’innocence, entre joies et peines, et composent une œuvre reconnue par plusieurs distinctions africaines et internationales.
DEUX DÉMARCHES, UNE MÊME GÉOGRAPHIE DE LA MÉMOIRE
Le parcours de Sika Da Silveira, de la perle à l’installation, et celui de Yannick Folly, du reportage à la photographie d’enfance, illustrent chacun un même mouvement : fidélité à une origine et ouverture à un langage contemporain ; dynamique que le forum se propose précisément d’explorer, sur le plan économique et institutionnel, au fil des journées suivantes.
Le rapprochement de ces deux pratiques s’apparente à une mise en lumière de la conscience de mémoire transversale en ouverture du Rêve Béninois. Sika da Silveira et Yanick Folly travaillent chacun, à leur manière, une même matière : la mémoire inscrite dans un territoire (les arbres pour l’une, les visages d’enfance pour l’autre) et la façon dont celle-ci circule, se transmet, se recompose. Cette question rejoint directement le thème retenu pour cette édition du forum, « Le Rêve Béninois : un idéal à construire avec les talents d’ici et d’ailleurs ». Il s’agirait donc de construire un imaginaire collectif qui permettrait de partir d’un ancrage commun pour l’acter par une ambition réfléchie et incarnée. C’est justement ce que les deux artistes donneront à voir, à percevoir, à ressentir, à visualiser.


