Masa 2026: Serge Padonou, la signature béninoise qui façonne les espaces

À Abidjan, au cœur de l’effervescence du Marché des Arts du Spectacle Africain (Masa), certains noms circulent en coulisses avec insistance. Celui de Serge Padonou en fait désormais partie. Designer d’espace, scénographe, créateur d’ambiances, le Béninois s’impose comme l’un des artisans les plus remarqués de cette édition 2026.

Derrière les scènes, les stands et les installations qui captent les regards, il y a une signature, celle d’un « global designer », comme il se définit lui-même. Un profil hybride, à la croisée du design graphique, de l’architecture d’intérieur, du produit et de la scénographie. « C’est un métier qui regroupe plusieurs disciplines », explique-t-il, revendiquant un parcours atypique, loin des sentiers académiques classiques.Chez Serge Padonou, la création n’est pas une découverte tardive. Elle s’impose dès l’enfance, presque comme une nécessité. À l’école déjà, il monétise ses talents de dessinateur en réalisant des supports pour ses camarades. Une première forme d’entrepreneuriat artistique, instinctive, qui annonce la suite.

Faute de formation en architecture au Bénin, il s’oriente vers le génie civil. Un détour qui affine son sens des volumes et des structures. Mais c’est là que tout bascule. D’abord enseignant en dessin, il est propulsé presque par hasard dans la décoration événementielle. Une opportunité qu’il transforme en tremplin. « J’ai fait un décor, les gens ont aimé… et le téléphone a commencé à sonner », raconte-t-il.À partir de là, tout s’enchaîne. Scénographies de spectacles, décors de lancements d’albums, plateaux télévisés… Serge Padonou se fraye un chemin dans un secteur concurrentiel, à force d’audace et d’initiative. « Je proposais mes maquettes. Si ça plaisait, on me faisait confiance », résume-t-il. Une progression patiente, construite sans réseau préétabli, mais avec une constance remarquable.

Du Bénin à la scène ivoirienne, l’ascension d’un regard
Le tournant s’opère à partir de 2020, lorsqu’il s’installe en Côte d’Ivoire. Un marché plus vaste, plus dynamique, où il multiplie les collaborations. Il y signe notamment des projets d’envergure comme le Primud, confirmant sa capacité à évoluer sur des productions de grande ampleur.Le Masa 2026 marque une nouvelle étape. Plus qu’une participation, il s’agit d’une consécration. Serge Padonou et son équipe interviennent sur plusieurs segments clés de l’événement : conception de stands, réalisation du portique d’entrée, création d’espaces immersifs, scénographie de la scène inaugurale. Une responsabilité lourde, qu’il assume avec une vision claire. « Mon rôle, c’est de coordonner, d’exiger et de pousser à la perfection. »

Mais au-delà de la technique, ce qui distingue Serge Padonou, c’est son approche sensible du design. Pour lui, un espace ne se limite pas à sa fonction ou à son esthétique. Il doit provoquer une émotion. « Il faut insuffler une âme », insiste-t-il.Ses créations deviennent alors des expériences. Des lieux qui racontent une histoire, qui captent le regard, mais surtout qui touchent. Cette démarche s’inscrit dans une recherche permanente d’équilibre entre modernité et héritage. « Je vais toujours vers l’authentique. Je mélange les valeurs traditionnelles et les codes contemporains », explique-t-il.Une signature qui s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’une génération de créateurs africains qui redéfinissent les standards du design, en puisant dans leurs racines tout en dialoguant avec les tendances internationales.

Une ambition au service de la scène béninoise
Malgré son ancrage en Côte d’Ivoire, Serge Padonou garde un regard lucide sur le Bénin. Il pointe notamment le manque d’événements structurants, essentiels selon lui pour nourrir la créativité locale. « C’est la répétition des projets qui permet aux talents d’émerger », plaide-t-il. Et déjà, l’après-Masa se dessine. Dans son viseur, les Vodun Days, événement culturel majeur au Bénin. « Si on me fait confiance, je peux proposer quelque chose de fort », affirme-t-il, sûr de ses capacités.

Du dessin d’écolier aux grandes scènes africaines, Serge Padonou trace une trajectoire singulière, faite d’audace et de persévérance. Au Masa 2026, il ne se contente pas d’habiller l’espace. Il le met en scène, lui donne du sens et de l’émotion. Une signature en devenir, à suivre de près sur les grandes scènes culturelles du continent.

Un commentaire

  1. TOROU ABALO Panawé Aimée

    Wahou c’est super 👍 et courage à vous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *