À Villa Karo, l’artiste plasticienne et religieuse Henriette Goussikindey dévoile l’exposition « Sur les traces du temps », ouverte au public du 6 mars au 26 avril 2026. À travers une cinquantaine d’œuvres, l’artiste explore la mémoire, le rôle des femmes dans la société et les traces laissées par les expériences de vie.
C’est un hommage que la sœur de Saint Augustin Henriette Goussikindey rend aux héroïnes du quotidien. Dans les salles de la Villa Karo, une cinquantaine de créations retracent les recherches artistiques menées par Henriette Goussikindey ces dernières années. Au cœur de l’exposition, la figure féminine s’impose comme fil conducteur. Des œuvres telles que Amazone de l’ombre, Les demoiselles de Dantokpa, Vendeuse d’espérance ou Pouvoir de femme rendent hommage aux femmes des marchés, aux mères et aux travailleuses dont l’engagement quotidien fait vivre familles et communautés. À travers ces portraits, l’artiste met en lumière leur courage, leur résilience et leur contribution essentielle à la dynamique sociale. L’exposition marque également une étape dans l’évolution plastique de l’artiste. Elle y présente un travail réalisé à partir du Grarel, une technique consistant à graver sur des pigments naturels. Cette démarche expérimentale prolonge un parcours artistique déjà nourri par l’acrylique et l’aquarelle, et témoigne d’une recherche constante autour de la matière et du geste.
Entre mémoire personnelle et réalité sociale
Le titre « Sur les traces du temps » renvoie aux souvenirs, expériences et rencontres qui façonnent progressivement l’univers créatif de l’artiste. Parmi les œuvres marquantes figure Douloureuses séparations, inspirée par la réalité de nombreux jeunes qui quittent leur pays dans l’espoir d’offrir un avenir meilleur à leurs proches. Une thématique qui touche profondément l’artiste, elle-même marquée par une séparation précoce avec sa famille lorsqu’elle a rejoint la vie religieuse. Au-delà de la dimension esthétique, l’exposition invite le public à une réflexion plus large : celle des traces que chacun laisse dans sa propre vie et dans celle des autres. À Grand-Popo, « Sur les traces du temps » transforme ainsi la Villa Karo en un espace de contemplation et de mémoire, où l’art devient un moyen de célébrer les femmes, interroger le temps et préserver les récits de vie.


