“Grâce à l’autre” : Quand la danse et le cirque magnifient la solidarité

Le théâtre de verdure de l’Institut français du Bénin (Ifb) a vibré, ce samedi 25 avril 2026, au rythme d’une pièce de danse contemporaine. Cette représentation chorégraphique originale, qui fusionne danse contemporaine et arts du cirque, a marqué la consécration d’un projet transfrontalier né en 2024 et porté par l’engagement de son initiatrice, Florence Gnarigo.

« Grâce à l’autre ». Telle est l’intitulé de la pièce de danse initiée par Florence Gnarigo. La représentation met en scène un trio de danseurs professionnels, dont Florence, seule femme et figure de proue du projet. La pièce se distingue par l’utilisation de la « roue Cyr », un agrès de cirque qui symbolise le cycle de la vie et l’infini. Jérôme Binet Bos, Directeur général de l’Institut français du Bénin (Ifb), souligne la pertinence de ce mélange des genres. « J’ai trouvé très intéressant qu’elle souhaite travailler à la fois autour de la danse et du cirque. Nous avons souhaité l’accompagner pour la dernière phase de finalisation de cette très belle création », a-t-il confié. Pour le public, le moment fort réside dans la cohésion des interprètes. Le directeur de l’Ifb s’est dit impacté par « l’humanité » et la « fusion » du trio, dont l’entraide constante sur scène illustre parfaitement le titre de l’œuvre.

L’idée de cette création est née d’une observation amère de la société actuelle. Florence Gnarigo explique avoir voulu dénoncer la tendance systématique à comparer et juger les individus les uns par rapport aux autres. « On compare les gens alors que chacun est unique. Au lieu que l’autre soit un appui, il commence à être une menace », déplore l’artiste. À travers sa chorégraphie, elle propose d’éduquer les nouvelles générations à une identité collaborative plutôt que compétitive. Pour Florence, la réussite est une construction collective. « L’on est fort grâce à l’autre. Il faut qu’on éduque la nouvelle génération à la défaite et à construire une identité capable de collaborer ensemble », a-t-elle souligné.

Contre la culture de la comparaison
La soirée a été marquée par la présence d’Alain Laëron, ancien directeur de l’Institut français du Togo et actuel Responsable projet à l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (Adac). Ce dernier a vu naître le projet en 2024 sous son mandat au Togo. Ému par la qualité du rendu final, il y voit la preuve de l’importance du temps de maturation dans la création artistique. « C’est la preuve que lorsqu’on accompagne une artiste et qu’elle parvient à trouver les moyens de la recherche et de la production, la qualité poétique émane du travail professionnel », a-t-il déclaré.

Soutenu successivement par Togo Créatif et le Fonds de Développement des Arts et de la Culture (Fdac), “Grâce à l’autre” témoigne du dynamisme des échanges culturels entre les nations.

Après cette étape béninoise, l’équipe artistique s’apprête à faire une courte pause avant d’entamer une tournée internationale. La pièce est attendue prochainement en France, où elle sera accueillie dans un festival de rue. Florence Gnarigo espère également que ce spectacle servira de levier pour développer la formation aux arts du cirque en Afrique, notamment par la manipulation d’agrès encore rares sur le continent.

Quant à l’Institut français du Bénin, il donne déjà rendez-vous à son public en juillet pour une programmation dédiée aux danses urbaines et au hip-hop.

 

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