Festival Afropolitain Nomade : 2026, l’année de la bascule

La création comme espace de vérité, de circulation et de réinvention. À sa quatrième édition, le programme de résidences du Festival Afropolitain Nomade s’impose désormais comme bien plus qu’un simple volet artistique. Il est devenu un espace stratégique de recherche, de création et de dialogue, où se façonnent des esthétiques afro-contemporaines audacieuses, profondément ancrées dans les mémoires, les territoires et les enjeux du monde contemporain.

À travers cette édition 2026, le festival Afropolitain Nomade franchit un cap décisif, affirmant une maturité artistique, curatoriale et politique qui fait de lui un acteur incontournable des narrations postcoloniales à l’échelle internationale. Fondé en 2012, il est né d’une conviction simple que les artistes afro-descendants, africains et issus des diasporas portent des récits essentiels pour comprendre le monde d’aujourd’hui, mais ces récits demeurent trop souvent relégués aux marges des espaces de diffusion et de reconnaissance. Dès l’origine, le projet s’est pensé comme un pont en mouvement, un dispositif nomade permettant la circulation des œuvres, des idées et des corps entre les villes, les cultures, les disciplines et les mémoires.

Avec le temps, cette vision s’est affinée. Les artistes accompagnés ont exprimé un besoin croissant de temps long, de lieux de recherche et de rencontres réelles, loin de la pression de la performance immédiate. C’est dans ce contexte qu’est né le programme de résidences, conçu comme un prolongement naturel de la mission du festival. Aujourd’hui, ces résidences constituent le cœur battant de l’écosystème Afropolitain Nomade. Il faut les voir comme un espace où naissent les collaborations, où s’esquissent de nouvelles esthétiques et où prennent forme les intuitions qui seront ensuite partagées avec le public.

2026, l’année de la bascule
L’édition 2026 marque un seuil important. Forte de quatorze années d’expérience, l’équipe du festival entre dans une phase de maturité où la créativité et l’exigence des artistes nourrissent directement l’évolution du projet. Cette quatrième édition des résidences assume pleinement l’hybridité des formes comme des mémoires et affirme un ancrage politique plus subtil, moins dans la dénonciation frontale que dans la réécriture et l’invention d’alternatives. Cette maturité se manifeste également dans la manière de collaborer avec les institutions partenaires. Les relations se veulent désormais plus horizontales, plus co-construites, reposant sur une exigence partagée et une reconnaissance mutuelle des enjeux artistiques et sociaux portés par le festival.

À l’international, le Festival Afropolitain Nomade joue un rôle de passeur. En créant des ponts entre Abidjan, Montréal, Paris, Dakar ou Kinshasa, il facilite la circulation des œuvres, des idées et des méthodologies. Sa force réside dans sa mobilité assumée, qui lui permet de s’adapter aux contextes locaux tout en restant fidèle à sa vision. À moyen et long terme, l’ambition est de renforcer les résidences comme un programme international structuré et installer durablement le festival comme un espace mondial de création, de recherche et de transmission autour des pratiques afro-contemporaines et des narrations postcoloniales. Un lieu où l’on vient non seulement pour créer, mais aussi pour se transformer.

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