Ce jeudi 28 mai, sous la paillote de l’Institut Français du Bénin (Ifb), la conférence de presse de lancement de la sixième saison de « La Relève Afrique » a dévoilé bien plus qu’un simple calendrier de spectacles. Derrière les éclats de rire annoncés, c’est une véritable machine d’incubation, de professionnalisation et de rayonnement continental qui s’installe à Cotonou pour deux semaines.
En réunissant seize pointures de l’humour d’Afrique de l’Ouest et centrale pour une édition spéciale « All Stars », la compétition s’impose comme un carrefour stratégique pour l’économie créative et la détection de talents à l’échelle internationale. Loin des clichés de l’improvisation facile, l’humour est ici traité comme une discipline exigeante nécessitant un encadrement technique rigoureux. Cet événement s’appuie sur un pilier fondamental. Celui de la transmission et le renforcement des capacités. Comme dates majeures, il faut noter que les 4 et 5 juin, il y aura la phase des demi-finales publiques présentées par Valérie Ndongo. Le 6 juin, ce sera la soirée des « Battles » d’improvisation sur un ring de boxe, arbitrée par Pacheco. La grande finale aura lieu le 12 juin au Théâtre de verdure dudit Institut. Et le 13 juin, il sera organisé la soirée gala de clôture « Bon Spectacle » avec des humoristes confirmés (Kady, Chromzom, etc.). Ce show final sera présenté par le duo Gros et Métis.
Avant de fouler les planches face au public, les artistes bénéficient de formations intensives menées sous la houlette de structures professionnelles. Jérôme Binet-Bos, directeur délégué de l’Ifb, a d’ailleurs insisté sur cette vision commune du développement culturel. « Je sais aussi que pendant vos événements, vous organisez beaucoup de masterclass de formation. C’est quelque chose que nous, nous menons régulièrement dans l’année, de former des acteurs culturels et des artistes béninois. Nous nous retrouvons aussi là-dessus », a-t-il indiqué.
Des tremplins économiques majeurs
Cette année, le processus d’évaluation s’annonce d’une grande rigueur. Répartis dans quatre équipes, les seize humoristes (dont quatorze stars des saisons passées et deux révélations issues d’un casting numérique mondial ayant réuni plus de cent candidats) seront coachés par des figures majeures de la scène africaine : de Moussa Petit Sergent (Burkina Faso), Juste Parfait (Congo), Professeur Abawoé (Togo) et Joyeux Bin Kabodjo (Bukavu). Comme l’a expliqué Etienne Ventura, directeur Afrique La Relève, l’objectif reste « d’aller détecter les jeunes talents de l’humour africain, de détecter la personne, l’artiste qui fera rire le continent demain et également de donner une portée internationale à ces artistes ». Mais cette année, le plateau va réunir la crème des promotions passées. « Nous avons cherché les meilleurs des humoristes et ceux qui ont marqué le plus les saisons précédentes », confie Etienne Ventura.
Pour ces jeunes créateurs, l’enjeu financier et professionnel est colossal. Le grand gagnant ou la grande gagnante de cette saison se verra offrir une opportunité unique de changer de dimension. La cagnotte est composée d’une enveloppe de cinq millions de francs Cfa, mais surtout une programmation officielle en Suisse sur la scène du Montreux Comédie Festival, la plus grande vitrine de l’humour francophone mondiale. Pour assurer une rentabilité et une visibilité maximale à cette industrie du rire, le festival a noué des alliances avec des géants des médias. Moumine Wologan, responsable de communication chez Canal+, a résumé l’ambition du groupe audiovisuel. « Notre ambition c’est de pouvoir renforcer les capacités de ces talents-là qui sont les espoirs de l’humour africain. Ensuite, il s’agira de les porter à l’écran en diffusant leurs spectacles, en diffusant leurs scènes », a-t-il précisé.
Le continent tout entier pourra ainsi découvrir ce vivier créatif puisque les captations des soirées seront diffusées dès le mois d’août sur Canal+ Pop et via son application. De même, l’impact se prolongera sur les ondes radio grâce à une série de dix podcasts exclusifs produits en partenariat avec Radio France Internationale dès le mois de juillet.
Le Bénin, terre d’accueil et puissance compétitive
Le choix de Cotonou pour abriter cette édition « All Stars » ne doit rien au hasard. Le Bénin s’est imposé au fil des ans comme une place forte de l’humour africain, ayant déjà fourni deux lauréats historiques au concours. Il s’agit notamment de Kady et Venance Jappe.
Cette année, les espoirs nationaux reposent sur les épaules de Sam du Barça, originaire de Parakou. Pour les partenaires économiques locaux, la mobilisation du public est essentielle pour faire rayonner le dynamisme du pays. Aurel Amoussou, chef produit Sobebra et partenaire de l’événement, a rappelé l’importance de cette ferveur. « Je sais que Cotonou sait soutenir, accueillir, vibrer, inviter aux événements », a-t-il souligné. De son côté, Maéva Dosse, spécialiste marketing chez Gozem, confirme l’effervescence du marché local. Elle a lancé un appel qui consiste à réserver rapidement les places sur leur application de billetterie numérique. « Les artistes sont exceptionnels et on a très hâte de voir ce que nous réserve notre candidat béninois », a-t-elle martelé.


