François Okioh, cinquante ans au service du cinéma béninois

CINÉMA – Le réalisateur et producteur béninois François Okioh a célébré, vendredi 23 octobre 2026 à Cotonou, cinquante ans de carrière au service du cinéma et de l’audiovisuel. La cérémonie, placée sous le parrainage d’Abdoulaye Bio Tchané, a réuni proches, collaborateurs et anciens apprenants venus saluer son parcours, son engagement et sa contribution à la formation de plusieurs générations.

Formé à l’École du cinéma et de télévision de Prague, en Tchécoslovaquie, aujourd’hui en République tchèque, François Okioh a consacré cinq décennies à la réalisation, à l’écriture et à la production audiovisuelle. Sa filmographie comprend plus d’une centaine de productions, entre documentaires, fictions et téléfilms.

Parmi ses œuvres figure Ironu, un long métrage de fiction politique réalisé en 1985. Le film aborde les dérives du pouvoir, la corruption et la résistance individuelle face à l’injustice. En avril 2016, à l’occasion de ses quarante ans de carrière, le cinéaste évoquait déjà les difficultés rencontrées par cette œuvre avant sa projection publique, autorisée le 18 février 1990 par le président Mathieu Kérékou.

Dix ans plus tard, François Okioh continue de défendre la liberté de création et l’indépendance de la pensée. Lors de la cérémonie du 23 octobre, il a réaffirmé son opposition à la corruption, à la marchandisation de la culture et à l’uniformisation de l’intelligence et de la pensée. Il a également insisté sur la responsabilité de l’artiste dans la défense de la justice sociale et de l’identité culturelle.

Les témoignages recueillis à Cotonou ont mis en lumière son rôle dans la transmission des savoirs. Noël Alagbada, son compagnon de longue date, a salué sa capacité à concevoir des idées, à les défendre et à les partager malgré les difficultés. Kismath Baguiri, ancienne apprenante, a rendu hommage à celui qui a contribué à la formation et à l’orientation de plusieurs générations.

Le parcours de François Okioh s’étend également au secteur radiophonique. Son engagement autour de Radio Ilèma, média de proximité implanté dans les Collines, témoigne de son intérêt pour l’information et le développement communautaire.

Représentant le ministre de la Culture, Florent Couao-Zotti a salué sa contribution au cinéma béninois. Ces hommages ont été précédés d’une programmation spéciale de la Société de radio et télévision du Bénin (SRTB), du 15 au 17 octobre 2026. Plusieurs émissions et témoignages ont retracé son parcours, ses œuvres et son apport à l’audiovisuel national.

Auteur de plusieurs ouvrages, dont Soliloques (1983), Prérogatives d’homme debout : Lettre à mon cousin Oliworo (2014) et Dassa et mes années collégiennes (2023), François Okioh prépare deux nouvelles publications, dont Les 50 années du rêve inachevé.

À la jeune génération, le cinéaste rappelle que l’artiste doit contribuer au développement de son pays tout en préservant son identité culturelle. Après cinquante ans de carrière, il poursuit ainsi son engagement pour un cinéma béninois ancré dans les réalités sociales et ouvert à la transmission.

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