DE BOY DAKAR À BOY AFRICA, TYLDAH ÉLARGIT SON TERRITOIRE MUSICAL

Avec le remix de « Africa Li Mo Nekh », Tyldah prolonge une démarche amorcée entre Dakar et Cotonou. Cette nouvelle version annonce BOY AFRICA, un EP qui ouvre son répertoire à d’autres influences rythmiques. Au cœur du projet : une expérience de résidence artistique, dix-huit mois de vie entre deux capitales ouest-africaines et une réflexion sur la manière dont les lieux traversés façonnent une identité musicale.

LE SOCLE
Le 16 janvier 2026, la chanteuse publiait BOY DAKAR, un album de sept titres dont « Africa Li Mo Nekh » occupait la première place. Le morceau connaît aujourd’hui une nouvelle déclinaison. Intitulée « Africa Li Mo Nekh Remix », celle-ci figure parmi les extraits annoncés de l’EP BOY AFRICA, son prochain chapitre discographique. La reprise conserve des éléments de la composition initiale tout en déplaçant ses repères sonores. Des sonorités associées à l’amapiano et aux afrobeats nigérians viennent élargir la palette rythmique. La production adopte ainsi une orientation pop-afro plus ouverte, portée par un refrain toujours aussi accrocheur, une dégaine de girl power et une interprétation vocale affirmée. « I’m the queen », lance Tyldah, dans une chanson qui place la confiance en soi au centre de son propos.

Cette évolution musicale prend sa source dans une expérience géographique et humaine. Pendant un an et demi, l’artiste a partagé son temps entre Dakar et Cotonou dans le cadre d’une résidence artistique baptisée BOY DE DAKAR. Elle y a exploré les usages, les rythmes quotidiens et les codes culturels de la capitale sénégalaise, en les confrontant à son vécu cotonoua. Cette immersion constitue l’un des points de départ de BOY DAKAR. Au Sénégal, l’expression désigne une personne façonnée par l’environnement urbain dakarois. Elle évoque une familiarité avec les codes de la ville, le sens de la débrouillardise, les tendances vestimentaires et les pratiques culturelles locales. Le titre de l’album renvoie ainsi à un espace social identifiable, que Tyldah aborde depuis sa propre trajectoire.

L’ELARGISSEMENT
Le clip de « Africa Li Mo Nekh Remix », tourné entre Cotonou et Dakar, prolonge cette recherche sur le plan visuel. Réalisé par SeneVFX, avec une production assurée par Ouid’Art, il accompagne le passage d’une expérience de résidence à un projet discographique. Dans un message publié sur ses canaux officiels, Tyldah présente le remix comme une ode à la positivité et à la confiance en soi. Elle évoque également ce que le continent africain lui a apporté au fil des dernières années : une énergie, une liberté, des rencontres, des rythmes et une capacité à avancer. Ces éléments éclairent le propos de la chanson, où l’affirmation personnelle rejoint une expérience de transformation vécue au contact de différents environnements.

Avec l’EP BOY AFRICA, le champ de recherche s’étend. Le remix de « Africa Li Mo Nekh » donne à entendre cette nouvelle orientation par le travail des arrangements et le croisement des influences. Les marqueurs de la version originale restent perceptibles, tandis que les apports de l’amapiano et des afrobeats modifient la dynamique du morceau. Cette recomposition accompagne un changement d’échelle : après une immersion ancrée dans l’univers dakarois, la chanteuse envisagerait une expression musicale nourrie par des circulations culturelles plus larges.

D’origine réunionnaise et béninoise, elle semble inscrire cette démarche dans un parcours où les appartenances se construisent au contact de plusieurs territoires. Pourrait-on alors envisager une prochaine étape où les rythmiques traditionnelles du Bénin et de La Réunion viendraient nourrir ses compositions, pour construire une signature sonore singulière, fondée sur le dialogue entre héritages musicaux et production contemporaine ?

AU FINAL
Entre expérience urbaine, recherche musicale et affirmation de soi, le parcours qui relie BOY DAKAR à BOY AFRICA dessine une évolution artistique ancrée dans l’expérience des territoires. Tyldah transforme les réalités vécues entre Dakar et Cotonou en matière de création, tout en élargissant ses références rythmiques et ses choix de production. Le remix de « Africa Li Mo Nekh » marque une nouvelle étape dans cette recherche, avec des sonorités ouvertes aux influences ouest-africaines et panafricaines. Annoncé dans le prolongement de cette démarche, l’EP BOY AFRICA pourrait ainsi préciser les contours de son identité musicale. Jusqu’où cette exploration des territoires, des héritages et des langages rythmiques conduira-t-elle Tyldah dans la définition de sa signature sonore ?

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