Du 22 septembre au 17 octobre, la Fnac Saint-Lazare ouvre une fenêtre culturelle sur le Bénin. Pendant près d’un mois, conférences, photographie, cinéma, musique et littérature composent une programmation consacrée à la vitalité d’un pays dont la création circule désormais sur de nombreuses scènes internationales.
Le dispositif rassemble plusieurs générations et plusieurs univers. Il donne une place importante aux artistes, aux chercheurs, aux auteurs et aux passeurs de culture. Cette diversité constitue l’un des intérêts majeurs de la programmation.
UNE CULTURE RACONTÉE PAR SES PROPRES VOIX
Le parcours commence avec « Ayérayé Éternel », une exposition photographique d’Eustache Ahomagnon consacrée aux Egunguns. L’image devient ici un outil de transmission. Elle documente une pratique culturelle profondément ancrée dans les traditions béninoises et permet au public parisien d’en saisir les dimensions visuelles et symboliques.
Le 24 septembre, la rencontre « Entre spiritualité et tradition » réunira Saskia Cousin, Delphine Bousquet et Richard J.V. Sogan. Le programme installe ainsi un espace de dialogue autour des pratiques, des croyances et des représentations qui participent à la compréhension du Bénin contemporain.
Le lendemain, la cheffe étoilée Georgiana Nwabogu-Viou sera au rendez-vous pour une rencontre-dédicace. La gastronomie entre ainsi dans le récit culturel. Elle porte un patrimoine, des savoir-faire et une capacité de création qui contribuent eux aussi à l’attractivité internationale du pays.
LA SCÈNE COMME ACCÉLÉRATEUR DE VISIBILITÉ
La musique occupe une place centrale dans cette programmation. Joe Kingston, Sergent Markus (Toussaint Djaho), Mina Agossi et Les Teriba représentent plusieurs sensibilités de la scène béninoise et de ses circulations.
Ce choix de profils diversifiés est stratégique sur le plan artistique et culturel. Il montre un écosystème musical capable de dialoguer avec différents publics. Il associe les répertoires, les générations et les expériences scéniques. Il prouve aussi que le talent n’a pas besoin d’être mainstream pour être crédible et légitime de représenter le pays au-delà des frontières.
Les showcases possèdent à cet effet une fonction de découverte. Dans un lieu de passage comme la Fnac Saint-Lazare, la rencontre avec un artiste peut devenir un premier contact avec son univers et les univers culturels qui entérinent la représentativité créative du Bénin. La scène de la Fnac Saint-Lazare devient alors un espace de prescription.
DU PATRIMOINE À LA CRÉATION CONTEMPORAINE
Le cinéma rejoint cette dynamique avec une rencontre consacrée au réalisateur Mr Dyreck, le 30 septembre. La programmation poursuit ensuite son exploration historique avec la conférence « Le Dahomey, haut lieu de l’esclavage », prévue le 1er octobre avec Frédéric Ravatin et Vincent Hugueux.
Cette articulation entre patrimoine, histoire et création contemporaine donne de la profondeur au récit culturel béninois qui y sera déployé. Elle permet de présenter le Bénin comme un territoire mémoriel et de création pleine d’historicité.
Le 2 octobre, la rencontre « Biens culturels historiques du Bénin. Le temps du retour » abordera la question de la restitution. L’intervention d’Angelo Dan, chargé d’affaires a.i. de l’Ambassade du Bénin en France, inscrit cette séquence dans l’actualité des relations culturelles entre le Bénin et la France. L’occasion de comprendre certains aspects-clés de ce processus et les perspectives envisagées autour pour le long terme.

UN RENDEZ-VOUS QUI COMPTE POUR L’EXPORT CULTUREL
Une programmation de ce type produit un effet qui s’affranchit de l’idée d’être calendrier événementiel ponctuel. Elle crée un point de rencontre entre une offre culturelle béninois (parfois peu visibilisé sur son territoire d’origine) et un public international curieux.
L’enjeu concerne aussi l’export. Cette forme de circulation de nos artistes, de leurs œuvres, de leurs livres, de leurs images, de film ou de savoir-faire pluriels passe par des lieux capables de créer de la visibilité nouvelle et durable. La Fnac Saint-Lazare possède précisément cette fonction de vitrine. Son emplacement parisien lui donne accès à un public large. Sa programmation culturelle crée un contexte favorable à la découverte et à des opportunités professionnelles d’autres ordres (tournée, contrats, synchronisation, placements, réseautage, etc.).
Le choix des profils renforce cette logique. Photographe, musiciens, réalisateurs, slameur, rappeur, autrices et auteurs, cheffe, chercheurs et acteurs institutionnels composent une chaîne de visibilité. De quoi valoriser nos chaînes de valeur locales qui se consolident de plus en plus et permettre à chaque discipline d’être une porte différente d’accès vers le Bénin.
Cette approche semble correspondre avec pertinence aux nouvelles formes de diplomatie culturelle. Elle associe création, transmission, récit national et rencontre avec les publics. Elle permet aussi aux artistes de se présenter dans des formats accessibles. Une conférence peut susciter l’intérêt pour un livre. Un showcase peut ouvrir une écoute/propulsion internationale. Une exposition peut donner envie de découvrir un territoire. Une rencontre autour du patrimoine peut prolonger l’intérêt pour l’histoire. Un tout qui se complète et se raffermit vertueusement.
PARIS COMME ESPACE DE PROJECTION
La programmation intervient dans un contexte où le Bénin développe fortement la mise en valeur de son patrimoine et de sa création contemporaine. La présence à Paris apporte une nouvelle scène à cette stratégie de rayonnement.
La force du rendez-vous tient aussi à sa simplicité. Les événements sont gratuits. L’entrée est libre dans la limite des places disponibles. Le public peut donc découvrir plusieurs facettes du pays sans dispositif institutionnel lourd.
Du 22 septembre au 17 octobre, la Fnac Saint-Lazare, 109 rue Saint-Lazare, 75009 Paris se transforme ainsi en un lieu de circulation des imaginaires béninois. La programmation fait dialoguer mémoire, spiritualité, gastronomie, musique, cinéma et patrimoine. Elle offre surtout une vitrine concrète à des profils artistiques capables de porter le récit du Bénin auprès de nouveaux publics. De quoi conquérir le monde depuis Paris ?


