À l’Espace Culturel Le Centre : Jean-Louis Kédagni sublime le tabou lors d’une 67ème représentation triomphale

L’Espace Culturel Le Centre a organisé une soirée théâtrale hors du commun ce samedi 25 juillet 2026. Devant un public conquis, le comédien, metteur en scène et humoriste Mahouto Jean-Louis Kédagni a joué la 67ème représentation de sa pièce. Adaptée d’un célèbre opuscule du XVIIIe siècle, cette pièce démontre avec maestria qu’un sujet physiologique du quotidien peut devenir le terreau d’une œuvre à la fois désopilante, érudite et profondément humaine.

« De l’art de péter des balivernes ». Tel est l’intitulé de la pièce inspirée par le traité satyrique “L’Art de péter” écrit en 1751 par Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut (découvert en 2010 dans la bibliothèque de Joël Lokossou à Lyon). Suite à cette découverte, Mahouto Jean-Louis Kédagni a mûri sa pièce au fil des années. Sur une scène épurée où la parole et la performance corporelle règnent en reines, l’artiste jongle avec aisance entre conférences magistrales et envolées humoristiques décapantes.

Loin de céder à la facilité de la simple blague alignée, le comédien propose une véritable réécriture du stand-up traditionnel. Il questionne notamment la nature humaine. « Je vois que beaucoup d’amis au Bénin font du stand-up en alignant seulement des blagues. Pour moi, le stand-up consiste à traiter un sujet de fond de façon humoristique », explique Mahouto Jean-Louis Kédagni avant d’ajouter : « Notre mission est d’éduquer dans la distraction. Cliniquement parlant, il est obligatoire de péter après une intervention chirurgicale pour sortir de la salle d’opération. Il est aussi prouvé qu’une personne normale le fait environ 14 fois par jour. J’ai donc répertorié et nommé les différentes sonorités et types de pets pour offrir un moment à la fois drôle et instructif. »

Un triomphe unanime auprès des pairs et des spectateurs
Déjà présentée avec succès sur plusieurs scènes internationales (notamment au Cameroun, en France, en Allemagne et en Espagne), la pièce a trouvé un écho remarquable pour sa première interprétation à l’espace culturel “Le Centre”. Les observateurs du milieu artistique présents à cette soirée ont salué l’aboutissement technique et la force comique de cette 67ème représentation. Pour le cinéaste Barnabé Affougnon, la maîtrise de l’acteur sur les planches ne fait aucun doute. « Ce fut un très beau spectacle. Jean-Louis Kédagni montre une fois de plus sa maîtrise de la scène. Il réussit à nous faire explorer ce thème de manière diversifiée. Entre la recherche de distraction et la découverte théâtrale, le public a reçu une véritable claque artistique. Il nous a fait voyager », précise-t-il

De son côté, Abdel Bassith Barboza alias Général Barboza, humoriste de stand-up béninois, insiste sur la maturité de l’écriture et la rigueur du travail accompli. « Je n’avais suivi jusque-là que des extraits de quelques minutes. Assister à l’intégralité du spectacle d’une heure m’a permis de mesurer le niveau très élevé de la réécriture du texte. Nous faisons rire les gens au quotidien, mais nous avons aussi besoin de nous asseoir pour rire de bon cœur. Ce spectacle m’a énormément plu », affirme-t-il.

Après ce succès à Lobozounkpa, la pièce poursuit sa route scénique. Les prochaines étapes sont déjà programmées pour la 68e représentation, avec des dates prévues à la Villa Karo en décembre ainsi qu’à l’Institut Français du Bénin. Cette longévité confirme que la création théâtrale béninoise sait s’emparer de sujets universels pour créer des ponts durables entre les cultures et les publics.

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