Immersion culturelle : Quand la technologie, l’art et les traditions fascinent le public béninois

Le Centre Culturel Chinois (Ccc) au Bénin a ouvert ses portes pour une soirée d’immersion et de découverte qui a profondément marqué les esprits. Ce vendredi 12 juin 2026, le public béninois a effectué un voyage immersif au cœur de la culture chinoise ancienne et moderne.

À travers une exposition éclectique mêlant dispositifs technologiques immersifs, ateliers de calligraphie interactive, objets d’art et symboles traditionnels, l’événement a attiré de nombreux curieux et habitués dudit centre. Les participants ont pu s’essayer à l’écriture chinoise, explorer l’histoire grâce à des outils de visualisation microscopiques et technologiques, et admirer l’art des éventails ainsi que l’omniprésence symbolique du panda. L’engouement suscité par l’événement relance l’intérêt pour l’utilisation de ces technologies d’immersion au service de la préservation de l’histoire et du patrimoine national béninois.

L’un des pôles majeurs de l’événement reposait sur l’intégration de dispositifs optiques et technologiques avancés (présentés sous forme de microscopes de visionnage ou de casques immersifs dans les images de la soirée). Ces derniers ont permis aux visiteurs de s’insérer directement au cœur des scènes traditionnelles chinoises. Stéphane Ahinouhossou, spectateur enthousiaste, confie son émotion face à ce dispositif : « Ce que j’ai pu observer est très émouvant, parce que cela vous plonge de plein pied dans l’univers. De même, nous avons pu assister à une scène où l’on voit des Chinois qui étaient en train de prester. C’est un peu comme si tout cela est réel. »

Inspiré par cette réussite, il plaide pour l’adaptation de ces méthodes au contexte mémoriel local. « Évidemment, ce que nous venons de voir là mérite d’être réédité, parce que culturellement parlant c’est enrichissant. Et si nous pouvons également le faire de manière à ce que notre histoire soit retracée ainsi, je pense que ce serait quand même très intéressant pour les jeunes qui n’ont pas eu la chance de connaître par exemple Béhanzin », a suggéré Stéphane Ahinouhossou.

Emmanuel Zokpe, habitué de l’établissement pour la pratique du tennis de table et l’apprentissage de la langue, partage cette fascination pour ce saut temporel. « Ce soir, j’ai découvert plusieurs aspects que je n’ai jamais vu. En effet, ils ont une technologie différente de la nôtre. Soit on arrive à visiter certains microscopes qui permettent de voyager dans le temps, de voir certaines scènes qui se passent. C’est à croire que tu vis la scène actuellement, mais c’est dans des fictions, en réalité », a-t-il laissé entendre.

Entre esthétique et distinction culturelle
L’événement a également fait la part belle à la pratique interactive. Un atelier d’initiation aux caractères chinois. Cela a permis aux visiteurs d’écrire leurs premiers mots à l’aide des pinceaux traditionnels. Adiath Bachabi s’est prêtée à l’exercice avec bonheur. « Je suis ici pour observer les différentes images chinoises, les visuels, les objets d’art et juste pour vivre un peu l’expérience. J’ai écrit d’abord “Je suis Béninoise” et “Bonjour”. J’ai fait des cours, donc je me suis un peu entraînée. Ce sont des caractères que je connais et qui sont un peu faciles. Depuis notre enfance, on a fait le français avec des lettres, avec des caractères, des dessins. C’est quand même amusant », a-t-elle précisé. En parallèle, l’iconographie de l’exposition faisait ressortir les figures indissociables de la Chine, à savoir le panda. Stéphane Zokpe, un autre habitué du centre, note cette omniprésence. « J’ai participé à l’événement du microscope. Il m’a permis de voir des scènes chinoises anciennes, leurs cultures ainsi que leurs histoires. A propos du panda chinois, j’ai l’habitude de regarder des films, des dessins animés. Mais je remarque également que la plupart chez les Chinois, sur leurs photos, sur des murs, ils ont l’habitude d’utiliser les pandas. Je ne sais pas si cela représente beaucoup plus pour eux ou si c’est quelque chose de marquant ou symbolique », a-t-il exprimé.

Par ailleurs, l’exposition mettait en valeur une collection d’éventails traditionnels chinois. Emmanuel Zokpe a partagé une analyse comparative pertinente entre l’utilisation de cet objet en Asie et en Afrique de l’Ouest. « En ce qui concerne ces éventails, j’ai l’habitude de regarder des films où les Chinois les utilisent pour combattre. Je me dis qu’avoir ces éventails c’est avoir une arme de guerre. Or, je me rends compte que ce n’est toujours pas le cas. Cela donne aussi une autre sensation. Chez les chinois, cet objet est beaucoup plus mis en avant à travers le cinéma, la danse et bien d’autres disciplines artistiques », a-t-il fait remarquer. La soirée s’est achevée dans une ambiance de respect mutuel et de curiosité intellectuelle. Cela a permis de renforcer les ponts de la coopération culturelle sino-béninoise à Cotonou.

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