Du 3 au 7 février 2026, Cotonou accueillera la 4ᵉ édition du Festival International des Films de Femmes (FIFF). À l’heure où le Bénin accélère la structuration de ses industries culturelles et créatives, ce rendez-vous cinématographique s’impose comme une plateforme stratégique de visibilité, de réflexion et de professionnalisation du cinéma porté par les femmes. Entre projections, rencontres professionnelles et échanges artistiques, le FIFF entend affirmer le septième art comme un levier de transformation culturelle, sociale et économique. Sa promotrice, Cornelia Glèlè, en décline ici les enjeux et les ambitions.
La 4ᵉ édition du Festival International des Films de Femmes (FIFF) se tiendra à Cotonou du 3 au 7 février 2026. Quels sont les grands enjeux de cette nouvelle édition dans le contexte actuel de structuration des industries culturelles et créatives au Bénin ?
La 4ᵉ édition du FIFF s’inscrit dans un tournant historique pour les industries culturelles et créatives (ICC) au Bénin. L’enjeu majeur est clair : passer de la passion à l’industrie. Le festival se veut un véritable catalyseur de structuration des métiers du cinéma au féminin. Il s’agit également de positionner Cotonou comme un carrefour incontournable du cinéma africain, capable d’attirer investisseurs et coproducteurs internationaux. Enfin, nous souhaitons démontrer que le cinéma porté par les femmes constitue un levier réel de croissance économique et de création d’emplois durables.
Quel est le thème retenu pour l’édition 2026 et quelle lecture souhaitez-vous proposer à travers ce choix ?
Chaque édition du FIFF célèbre la femme sous un angle spécifique. Pour 2026, le thème retenu est : « Femmes, libérez votre créativité ».
À travers ce thème, nous voulons rappeler que le cinéma ne se limite pas au divertissement. Il est aussi un puissant outil de plaidoyer et de transformation sociale. Le regard féminin, par sa sensibilité et sa singularité, permet de déconstruire les stéréotypes et de proposer des réponses nouvelles aux défis de nos sociétés.
Depuis sa création, le FIFF s’impose comme un espace de visibilité pour les femmes dans le cinéma. Comment le festival entend-il renforcer cette mission cette année ?
Cette année, le FIFF franchit un cap. D’abord, nous avons l’honneur d’accueillir une marraine d’exception : l’actrice et réalisatrice Aïssa Maïga, dont la présence confère une dimension internationale au festival.
Ensuite, la sélection témoigne d’une grande diversité : 18 films (fictions et documentaires) issus de 15 pays, offrant une vitrine inédite à des récits pluriels. Le jury, de haut niveau, sera présidé par Eva Sandrine Guehi.
Par ailleurs, une soirée short en partenariat avec Docubox, ainsi qu’une masterclass, sont prévues. Enfin, le prix emblématique du festival, l’Amazone d’Or, continuera de distinguer l’excellence et d’ouvrir aux lauréates des perspectives de reconnaissance et de crédibilité internationales.

Dans un contexte où le gouvernement béninois multiplie les actions en faveur du secteur culturel, comment le FIFF s’inscrit-il dans cette dynamique nationale ?
Le FIFF s’inscrit pleinement dans la vision du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG), qui fait du tourisme et de la culture des piliers du développement. Le festival contribue au rayonnement de la marque « Destination Bénin » en accueillant des délégations étrangères et en valorisant le patrimoine culturel national.
À ce titre, une excursion culturelle à Ouidah est proposée aux invités, afin de les reconnecter à l’histoire du pays et de promouvoir le tourisme culturel.
Le FIFF s’engage également dans la formation de la relève, notamment à travers des initiatives comme Kino Wendia, en réponse aux besoins en compétences techniques exprimés par les autorités.
Sans entrer dans trop de détails, à quoi les cinéphiles peuvent-ils s’attendre durant ces cinq jours de festival, sur les plans artistique et professionnel ?
Les cinéphiles et les professionnels vivront une expérience immersive. Sur le plan artistique, des projections sont prévues en soirée au Majestic Cinéma et à l’Institut français du Bénin, suivies d’échanges avec les réalisatrices.
Sur le plan professionnel, le programme comprend des masterclasses de haut niveau (jeu d’acteur, réalisation, production), des tables rondes sur le financement et des sessions de réseautage, avec pour objectif de favoriser les collaborations et les coproductions.
Quel message souhaitez-vous adresser au public, aux jeunes cinéastes et aux partenaires culturels à l’approche de cette 4ᵉ édition ?
J’invite le public à venir découvrir la puissance de récits qui nous ressemblent. Leur présence constitue le premier soutien à notre cinéma.
Aux jeunes cinéastes, je dis : osez créer et croire en votre potentiel.
Quant aux partenaires culturels, je les encourage à investir davantage dans le Festival International des Films de Femmes. Soutenir le FIFF, c’est investir dans l’autonomisation par l’image et dans une industrie culturelle en pleine structuration.

