comédien et metteur en scène béninois Alougbine Dine. Ph/ Tognidaho

Rencontre-Discussion au Centre : Alougbine Dine, le metteur en scène à succès

Il s’est tenu dans la soirée du mercredi 27 janvier 2021, une « Rencontre-Discussion » avec le comédien et metteur en scène béninois Alougbine Dine, à l’espace culturel et artistique Le Centre sis au quartier Lobozounkpa à Abomey-Calavi. Face à un public mixte composé d’admirateurs, étudiants et autres amoureux de l’art, il raconte son parcours et met un point d’honneur sur l’importance du dévouement dans l’accomplissement d’un rêve.

Avec sa première récompense obtenueà la foire du Musée ethnographique de Porto-Novo en 1972 où il gagne le troisième prix en Art plastique, Alougbine Dine a enchaîné depuis le temps, bien de récompenses. Polyvalent, c’est avec le théâtre, sa première passion qu’il s’impose dans l’univers artistique au Bénin, dans la sous-région et à l’international. Au-delà des prix et reconnaissances c’est surtout la joie d’avoir accompli un rêve contre vents et marée qui anime Aladji (El Hadj en Goun et surnom populaire de Alougbine Dine). Religieusement suivi par un public sidéré face à un homme physiquement ‘’petit’’ mais dont le parcours force le respect et l’admiration, il retrace son parcours.

«Je crois qu’on peut le dire. Et je vous le dis : je suis un metteur en scène à succès » se félicite Alougbine Dine. Pour qui connait un peu l’homme, sa spécialité c’est le spectacle de masse. Son tout premier spectacle de masse remonte à 1977 où il créé un spectacle avec 600 femmes au collège Aupiais. « Quand les gens sont nombreux, je sais les conduire pour produire des effets spectaculaires. Ça, c’est ma spécialité ! ». Du temps où il rencontre le théâtre à l’Ecole urbaine centre de Porto-Novo dans les années 60, en passant par son adhésion à l’Ensemble artistique Zama Hara en 1975 jusqu’à ses aventures de par le monde, Alougbine Dine partage avec le public, le secret de son succès.

De son parcours on retient surtout que l’homme a consacré toute sa vie à sa passion. « C’est le temps qui fait les choses » dira-il.A l’en croire, c’est avec Zama Hara qu’il apprend les rudiments du théâtre professionnel avec de grands noms de la sphère théâtrale de l’époque dont Akambi Akala et Koffi Gaou. « Pour moi, Zama Hara était un courant artistique. Il y avait un investissement intellectuel de haut niveau » précise Alougbine Dine. Passé 10 ans de travail artistique au sein de cet ensemble artistique avec lequel il a fait le tour du Bénin, Aladji embarque pour des aventures dans la sous-région qu’il nomme« voyages d’étude ».

Après ses aventures où il observe ce qui se fait ailleurs en matière d’art théâtral, Alougbine Dine pose ses valises au Gabon. « Ce pays m’a offert d’énormes opportunités » confie le metteur en scène. Là-bas, il peaufine son talent de meneur d’hommes et travaille au Théâtre national ainsi qu’à la section des Arts dramatiques de l’Ecole nationale des arts et manufacture de Libreville. Il y enseigne son savoir-faire et est même nommé professeur principal de sa section. De ses confidences, il ressort qu’entre autres réalisations, il créé la troupe « Le théâtre du tigre » et co-anime une émission sur la radio Africa n1. Ce qui lui confère une grande notoriété.

L’on retient surtout de lui, qu’il est avant tout un preneur de risque. Un homme qui, grâce à sa passion pour le théâtre a fait des choix osés mais qui lui ont valu une renommée sans précédent à cette époque-là. En témoigne sa virée en France au festival d’été à Limoges où il finance lui-même son séjour. Une dépense faramineuse qui surprend plus d’un et lui a surtout ouvert beaucoup de portes. Il rentre au bercail après avoir parcouru tous les grands festivals de cette époque avec une ambition précise : reconquérir son public d’origine. Séduit par la pièce de théâtre « La ligne », une écriture d’un auteur américain qui dépeint des réalités de chez lui, il décide de le monter. « Je me suis dit que c’est avec cette pièce que j’irai reconquérir mon public au Bénin. Et ça n’a pas raté» se réjouit-il. 3 mois durant il a travaillé avec ses comédiens et fait sensation dès sa première représentation au Fitheb. « C’est le spectacle béninois le plus joué. Il a été joué 78 fois en 3 ans » informe le metteur en scène.

Mais tout n’est pas rose dans la vie de cet illustre homme de théâtre selon ses dires. En 2002, année où il fut nommé Directeur du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb), il perd sa mère qui a toujours été son complice pendant ses moments de déboires avec son père à cause de sa passion pour le théâtre.

Néanmoins, la vie est toute de même belle pour Alougbine Dine malgré les chagrins. Pour lui, cette nomination est un triomphe professionnel. Soucieux de transmettre ses connaissances, il créé l’Ecole internationale de théâtre du Bénin (Eitb) en 2004. Sa plus grande passion aujourd’hui est de préparer la relève avec son école. Car dit-il : « la formation est très importante car ce qu’on apprend sur le tas en 10 ans on peut l’apprendre en seulement 3 ans dans une bonne école ».

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