Bukina/Fitmo 2017 : « Les Bonnes » ou la révolte des asservi(e)s

Bukina/Fitmo 2017 : « Les Bonnes » ou la révolte des asservi(e)s

Le spectacle « Les Bonnes » crédit photo: Tognidaho

JMC 2017

Les ‘’bonnes’’est l’un des spectacles d’ouverture du Festival international de théâtre et de marionnettes de Ouagadougou (FITMO) représentés hier 04 novembre 2017. Elle est jouée par deux jeunes filles qui, en l’absence de leur patronne, planifient un scénario afin de se révolter et de tuer cette dernière.

Face à l’exploitation ou à la maltraitance de leur patronne, Solange et Claire, (incarnées par Eve Guéhi et Rébécca Compaoré) les deux domestiques qui évoluent dans la pièce ont imaginé tous les scénarii possibles. Tout se joue dans un décor féminin où sont suspendus des chaussures à talon et des habits de princesse. En l’absence de leur patronne, les deux ‘’bonnes’’ se font passer à tour de rôle pour la maîtresse de la maison. Ce scénario est initié pour se révolter contre leur maitresse et la tuer, définissant ainsi le plan idéal pour arriver à leur fin. D’abord elle tente de se révolter avec l’intention de s’enfuir. Mais comment partir quand on n’a pas d’argent.

L’autre option, c’est de tuer la maîtresse. Mais les deux domestiques qui s’entrainent à réaliser ce projet de crime se rendent compte qu’elles ne parviennent pas. C’est donc face à ce dilemme que Solange et Claire ont été perpétuellement confrontées durant tout le jeu.

Dans une mise en scène dextrement fait, où on allie ironie et comique, les deux ‘’bonnes’’ imitent parfaitement le comportement de leur patronne si bien que le spectateur prend souvent du temps pour comprendre qu’il ne s’agit pas de la vraie maîtresse de maison.

Le jeu des deux actrices pose également la question du dévouement et le respect excessif que des subalternes ont envers leurs supérieurs quels que soient les milieux (politique, social, professionnel…). Cela amène à se demander si leur comportement est teinté de sincérité. Certains faits et gestes frisent l’hypocrisie. Au moindre appel, ces domestiques répondent avec empressement et ce, malgré les injures qu’elles essuient. Pourtant, juste à la nuque de la patronne, elles pestent et rechignent leur mécontentement.

A travers cette pièce, le metteur en scène de la compagnie Doumanlé, Souleymane Sow dénonce toutes les brimades, les discriminations et l’exploitation que ces aide-ménagères subissent dans leur lieu de travail au quotidien. Elles sont les premières à se réveiller et elles sont les dernières à se coucher.

Après l’Espace culturel Gambidi, cette compagnie théâtrale se reproduira sur d’autres sites du festival, conformément au programme du FITMO.

Issa BEBANE (Stg)

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