« Territoires croisés » Benjamin Déguénon fait dialoguer mémoires et cultures à Ouidah

Dans le cadre de l’édition 2026 des Vodun Days, la Maison de la culture de Ouidah accueille l’exposition personnelle de l’artiste plasticien béninois Benjamin Déguénon, intitulée « Territoires croisés, sagesse des ancêtres ». Le vernissage s’est tenu le jeudi 8 janvier 2026, en présence d’acteurs culturels, de diplomates et de passionnés d’art.

Fruit d’une résidence de création de trois mois au centre céramique EKWC, aux Pays-Bas, l’exposition rassemble une trentaine d’œuvres, mêlant céramique et peinture. À travers ces créations, l’artiste explore les notions de mémoire, de transmission et de rencontre entre les cultures. « Il s’agit d’un dialogue entre le passé et le présent, entre différentes sagesses et territoires », explique Benjamin Déguénon. Durant sa résidence, il s’est particulièrement intéressé à la technique du bleu de Delft, emblématique du patrimoine céramique néerlandais. Une technique qu’il confronte aux références culturelles béninoises, notamment celles liées au vodun et à l’usage de l’indigo.

Cette démarche donne naissance à des œuvres où se croisent le bleu et le blanc du Delft et les codes esthétiques et symboliques de Ouidah. Pour Joris Jurriëns, ambassadeur du Royaume des Pays-Bas près le Bénin, le projet illustre parfaitement la rencontre entre deux patrimoines culturels. « On retrouve dans le travail de Benjamin Déguénon la tradition vodun du Bénin et la technique du bleu de Delft des Pays-Bas, réunies dans une expression artistique contemporaine. Ce projet incarne le dialogue interculturel entre nos deux pays », a-t-il souligné.

Une exposition au cœur des échanges culturels

Au-delà de l’aspect artistique, « Territoires croisés, sagesse des ancêtres » s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre le Bénin et le Royaume des Pays-Bas, fondée sur des liens historiques et mémoriels. « Le vodun est un élément central de ces relations, avec des influences visibles jusque dans les Caraïbes, notamment à Curaçao et Aruba, où le winti présente de nombreuses similarités », a rappelé l’ambassadeur, évoquant également l’influence du vodun dans les musiques afro-diasporiques comme le blues, le jazz ou l’afrobeat. Ces échanges culturels s’appuient aussi sur une histoire commune marquée par l’esclavage, un passé sensible mais essentiel à reconnaître afin de renforcer les relations entre les peuples.

Pour le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, l’enjeu dépasse la simple exposition d’œuvres. « Soutenir l’art contemporain, c’est accompagner des parcours, structurer des filières et considérer la création comme un véritable investissement pour l’avenir », a déclaré Carole Borna, conseillère technique aux arts. L’exposition s’inscrit ainsi dans la politique culturelle nationale, qui met l’accent sur la valorisation du patrimoine, le soutien à la création contemporaine et la transmission des savoirs.

À noter que la tradition du bleu de Delft, développée au début du XVIIᵉ siècle aux Pays-Bas, s’inspirait à l’origine de la porcelaine chinoise avant d’intégrer des scènes de la vie quotidienne et des paysages locaux. Des références que l’on retrouve, de manière réinterprétée, dans le travail de Benjamin Déguénon. L’exposition est ouverte au public jusqu’au 29 janvier 2026 à la Maison de la culture de Ouidah.

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