Numérique et cultures endogènes: Transmettre sans trahir

En marge des Vodun Days à Ouidah, un panel initié par TV5 Monde a réuni acteurs culturels, designers et professionnels du numérique autour d’un enjeu central : comment utiliser les outils digitaux pour préserver et diffuser les cultures africaines sans en altérer le sens profond.

Vendredi 9 janvier 2026, à Forêt Ways à Ahozon, les échanges ont porté sur le rôle du numérique dans la sauvegarde des patrimoines culturels, notamment immatériels. Danses rituelles, chants sacrés, pratiques orales ou divinatoires posent en effet un défi majeur : documenter sans figer, diffuser sans profaner.

Pour Giovanni Houanssou, chef de service des arts vivants à l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (Adac), le principe est clair : « Le numérique n’est pas une finalité, mais un moyen ». Il doit servir à créer de la valeur sociale, éducative et économique, tout en respectant la frontière entre le culturel et le cultuel. Impossible, selon lui, de travailler sans associer les détenteurs des savoirs traditionnels, seuls garants de la légitimité des contenus.

Cette logique de médiation trouve un prolongement concret dans le design. À Africa Design School, plus de 70 % des projets étudiants s’inspirent du patrimoine. « Le design est un outil de réponse et de création de valeur », explique Kefi Saka, directeur exécutif de l’école. Il cite notamment un projet autour du Fâ, système traditionnel de divination, transformé en jeu physique et digital après un long travail de co-construction avec des prêtres, dans le respect strict des codes et des limites.

Au fil des discussions, une conviction s’est imposée : le numérique peut être un allié puissant des cultures endogènes, à condition d’être pensé comme un espace de dialogue, de transmission encadrée et de responsabilité collective. TV5 Monde, par la voix de son directeur adjoint du Numérique et de l’Innovation, David Gueye, a d’ailleurs présenté plusieurs initiatives visant à valoriser les cultures africaines à l’échelle mondiale.

Loin d’opposer tradition et modernité, ce panel aura rappelé l’essentiel : préserver les cultures africaines ne consiste pas à refuser le numérique, mais à l’habiter intelligemment, avec écoute, respect et vision partagée.

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