« Ce qui manque à la musique moderne béninoise, c’est de n’avoir pas sa propre couleur. On reconnait, dès leur intonation, les musiques congolaises, ivoiriennes, nigérianes, nigériennes etc. Mais quand il s’agit du Bénin, on se perd d’abord. Il n’y pas une marque de sonorité qui lui est propre », a fait remarquer Fredy Massamba au cours d’un entretien qu’il a accordé à dekartcom le samedi 23 août dernier à Cotonou. Selon la vedette congolaise, née à Pointe – Noir le 04 octobre 1971, c’est l’un des problèmes majeurs de la musique du Bénin. Et les jeunes artistes, qui devraient corriger cet état de chose, regrette-t-il, se contentent de copier leurs collègues des autres pays. Hormis cela, ils abandonnent parfois les textes et ne font que citer des noms de politiques et autres dans leurs chansons. Du coup, il a prié les musiciens de la nation qui l’avait accueilli quand le Congo Brazzaville était frappé par la guerre (1997- 1998), de réfléchir sur leurs propres sonorités et de cesser de copier les autres.
Mais avant cette exhortation, Fredy Massamba et plusieurs autres professionnels de la musique, de concert avec Wallonie – Bruxelles Internationale, organisent au profit de la jeune génération du Dahomey d’hier des formations sur le coaching vocal et l’occupation scénique. « … nous collaborons avec Wallonie- Bruxelles Internationale qui nous donne de fonds pour que nous travaillions sur le coaching vocal et l’occupation scénique avec les jeunes artistes africains. Comme je suis parti d’ici (Bénin) avec de bonnes impressions, j’ai désiré commencer ce combat par le Bénin. Le projet a commencé depuis 2010. Donc cela fait quatre années d’affilée que nous venons pour donner cette formation», a-t-il dit avant de souligner qu’au nombre de ceux qui en ont déjà bénéficié, on peut citer le groupe Teriba. « La première année, on a travaillé avec le groupe Teriba. On est allé en Europe avec elles. Elles ont présenté leur spectacle qu’on a monté ici. Elles ont enregistré leur morceau « Nonvi » que j’ai arrangé et qui leur a permis d’être finaliste du Prix RFI », raconte Fredy Massamba avec fierté.
C’est une formation, se réjouit-il, à laquelle bien des artistes du Bénin attachent beaucoup d’intérêts. «Les jeunes s’y intéressent. A un moment, on a l’embarras de choix parce que la demande est assez vaste. Tout le monde veut venir mais nous, on est obligé de limiter le nombre de participants », affirme le musicien congolais.
Qui est, en réalité, Fredy Massamba ?
C’est un artiste, de taille courte, encore dans la fleur de l’âge qui s’est imposé dans l’environnement musical de son continent de manière incroyable. Avec ces deux premiers albums, Ethnophony et Makasi, œuvres de sonorités inouïes, il a donné à la musique africaine en général et particulièrement à celle du Congo Brazzaville un nouveau souffle. Membre fondateur et très actif des Tambours de Brazza, Fredy Massamba s’est donné à l’art des sons, à l’orée de sa vie. Abordant le début de sa carrière, il confie : « j’ai commencé la musique quand j’étais très jeune. La musique, c’est une histoire de famille chez moi. Nous sommes nombreux dans la famille à nous donner à la danse contemporaine, la musique et autres. Mon père était très fan des groupes de musique traditionnelle. En tout cas, j’ai commencé très jeune, dans les rues, les chorales etc. Lors des concerts, je fais de la percussion. »
Il a collaboré avec plusieurs vedettes de la chaîne musicale telles que Didier Awadi, Manou Gallo, Zap Mama, Fred Hirschy. Il fait du hip hop, du jazz, du funk, du soul tout en s’inspirant des valeurs ancestrales du continent, berceau de l’humanité.C’est un féru du football quand bien même son métier ne lui permet plus de le pratiquer comme avant.Fredy Massamba est à l’image des rares stars qui ne se vantent point. Humilité et humour sont entre autres les traits remarquables chez lui quand il vous aborde. A table, il raffole de l’igname pilé ou du Saka du Congo (repas fait à bases de feuilles pilées). Comme boisson, il adore la bière.
