Le vendredi 6 février 2026, la 4ᵉ édition du Festival International de Films de Femmes (FIFF) a marqué les esprits avec la soirée Short Short Short, une innovation audacieuse qui a transformé la projection de courts métrages en véritable moment de partage, de liberté et de dialogue entre créateurs et publics.
À la Villa Kaya, le cinéma s’est vécu en short, mais avec beaucoup d’exigence artistique. Inspiré d’un concept populaire en Afrique de l’Est, notamment au Kenya, Short Short Short repose sur un principe simple à savoir des films courts, moins de 30 minutes et des projetés dans une ambiance décontractée, favorisant la proximité et l’écoute. Au Bénin, l’initiative a trouvé un écho immédiat, attirant un public nombreux, enthousiaste et complice, respectant le dress code symbolique de la soirée qu’est le short.
À l’origine de cette innovation, la promotrice du FIFF, Cornélia Glèlè, évoque une découverte presque fortuite devenue évidence. « Au lieu des panels classiques, on m’a proposé cette soirée. J’ai adhéré tout de suite », confie-t-elle. Pour elle, le succès ne se mesure pas à la paternité de l’idée, mais à l’adhésion du public. Et celle-ci était bien au rendez-vous. Cinq films, venus de Palestine, du Bénin, du Kenya et d’Afrique du Sud, ont rythmé la soirée, révélant une diversité de regards et de sensibilités. Une sélection saluée tant pour sa qualité artistique que pour la force des messages portés par des réalisatrices engagées. « Voir les gens concentrés, rire, réagir, c’est une vraie satisfaction », se réjouit Cornélia Glèlè.
Dans le public, les réactions confirment l’impact. Cinéphile averti, Djomion Ahimakin salue la profondeur esthétique des œuvres, notamment La Lanterne de Nelly Behanzin, qu’il juge « poétique et exigeant ». Il voit dans cette dynamique la preuve que « le Bénin est en train de devenir un véritable pôle cinématographique ». Présidente du jury du FIFF 2026, Eve Guehi y lit un tournant symbolique : « Les femmes prennent pleinement leur place dans le cinéma et portent des messages forts ». Elle encourage les jeunes filles à croire en leur voix et à s’armer intérieurement pour investir cet univers exigeant.
Même enthousiasme du côté des actrices et acteurs. Pour Fiona Houssou, présente pour la première fois au festival, Short Short Short permet de comparer les styles et les émotions, tandis que Aldo Bossou y voit « un creuset d’échanges et une innovation porteuse pour l’avenir du cinéma béninois ».
Avec cette soirée, le FIFF 2026 démontre qu’il ne se contente plus de projeter des films. Il invente de nouveaux espaces de rencontre, de liberté et de célébration collective. Short Short Short s’impose ainsi comme le symbole d’une nouvelle sensibilité cinématographique, plus proche du public, plus inclusive et résolument audacieuse.


