Février 2026 : Une saison de résidences et d’expérimentations à l’Institut français du Bénin

L’Institut français du Bénin ouvre le mois de février 2026 sous le signe de l’expérimentation et de la création contemporaine. Lors d’une conférence de presse tenue le lundi dernier à Cotonou, Cédric Aurelle, attaché culturel à l’Ambassade de France au Bénin, et Jérôme Binet-Bos, directeur de l’Institut français du Bénin, ont dévoilé une programmation dense, marquée par une forte présence d’artistes internationaux en résidence dans plusieurs villes du pays. Entre arts visuels, nouvelles écritures scéniques, performances, archives et rencontres avec les publics, la saison se veut résolument tournée vers les territoires, les savoirs locaux et les communautés.

Expositions, spectacles vivants, projections cinématographiques, conférences-débats, activités jeune public et moments conviviaux rythmeront ce mois de février. Une programmation plurielle qui traduit la volonté de l’Institut français du Bénin de faire dialoguer création artistique, réflexion contemporaine et participation citoyenne. Activité phare actuellement en cours, le programme « Inspiration Bénin – Au cœur des mondes Africains » s’impose comme l’axe central de cette programmation. Lancée le 1er novembre 2025, cette résidence internationale francophone en est à sa deuxième édition. Elle est portée par l’Ambassade de France au Bénin, en partenariat avec la Maison des Mondes Africains (MansA) et l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (Adac), et pilotée par l’Institut français du Bénin.

Le programme accueille des artistes francophones venus du monde entier afin de développer des projets profondément ancrés dans l’histoire, les savoirs et les dynamiques contemporaines du Bénin. « C’est un programme de résidence internationale francophone qui s’adresse aux artistes du champ des arts visuels et des nouvelles écritures scéniques », a rappelé Cédric Aurelle.

 

Déchets, archives et mémoires en partage
Pour cette édition, plus de 200 candidatures internationales ont été enregistrées. À l’issue d’une sélection conduite par des jurys internationaux, en collaboration avec la MansA à Paris et l’Adac, 20 artistes ont été retenus : dix en arts visuels et dix dans les nouvelles écritures scéniques. Les résidences s’échelonnent de novembre à fin avril, par vagues successives, favorisant l’immersion et le travail de terrain. En février, huit artistes sont simultanément en résidence, certains en phase de recherche, d’autres en fin de parcours. Plusieurs restitutions publiques sont attendues en avril, après une première série déjà présentée en janvier. Selon les organisateurs, les projets développés « interrogent le Bénin dans toutes ses dimensions : culturelles, territoriales, intellectuelles, patrimoniales, matérielles et immatérielles ». Parmi les projets marquants annoncés pour février figure celui de Marwen Ben Cheikh, artiste tunisien, cinéaste et compositeur. En partenariat avec Cybelline de Souza, il propose une installation performative et musicale autour de la notion d’archives du futur. « Nous avons imaginé un futur dans lequel les déchets deviennent les archives de demain », explique-t-il. Collectés dans les marchés et les décharges de Cotonou, ces objets nourrissent une réflexion afro-futuriste assumée, pensée « non pas au sens esthétique, mais au sens politique ». La restitution est prévue ce vendredi à 19h à la galerie des Ateliers Coffi. Autre temps fort : le travail de Élise Billiard Pisani, artiste et anthropologue française en résidence à Porto-Novo, en partenariat avec l’École du Patrimoine Africain (EPA). Son projet s’appuie sur un fonds de négatifs photographiques anciens, conservés par l’État béninois et datant de 1955 à 1976.

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