Aïssa Maïga : « Le cinéma doit apprendre à être juste »

À Cotonou, la parole d’Aïssa Maïga a résonné comme un appel à l’équité. Marraine de la 4ᵉ édition du Festival International de Films de Femmes (FIFF), l’actrice et réalisatrice a animé, le jeudi 4 février à l’Institut français du Bénin, une table ronde engagée sur les réalités du métier et les inégalités persistantes dans l’industrie cinématographique.

Face à un public attentif, Aïssa Maïga n’a pas éludé les déséquilibres qui frappent les femmes du secteur. Budgets inférieurs, promotion réduite, écarts de rémunération : « À projet égal, une femme reçoit moins de moyens qu’un homme », a-t-elle dénoncé, soulignant la nécessité d’un combat collectif pour rééquilibrer les règles du jeu. Dans ce contexte, elle a salué l’existence du FIFF, qu’elle considère comme une plateforme essentielle de visibilité et de reconnaissance. « Le public est là. Les talents sont là. Ce festival prouve que les films de femmes ont toute leur place », a-t-elle affirmé, rappelant la dimension panafricaine et inclusive de l’événement.

Revenant sur son parcours entre l’Afrique et l’Occident, Aïssa Maïga a évoqué ses débuts, sa reconnaissance progressive et les obstacles liés aux stéréotypes. « Échapper aux rôles assignés reste un combat de longue haleine », confie-t-elle. Aujourd’hui actrice, réalisatrice et productrice, elle revendique le droit d’initier des projets porteurs de sens, notamment sur le continent africain. Pour elle, le cinéma reflète la société autant qu’il l’influence. « Un film ne change pas le monde à lui seul, mais il peut ouvrir des consciences », estime-t-elle. Un message fort, à l’image de cette rencontre, qui confirme l’engagement d’Aïssa Maïga pour un cinéma plus juste, plus représentatif et résolument tourné vers l’avenir.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *