L'artiste Sénégalais, Ablaye Cissoko. Crédit photo: Tognidaho

Ablaye Cissoko sur la genèse de Batàkora : « Jah Baba était en concert et je ne pouvais plus résister »

Ablaye Cissoko est heureux que le rêve qu’il a nourri il y a deux ans, de collaborer avec Jah Baba, prenne corps dans un élan de rencontre et de partage de cultures africaines. Cette légende de la kora et de la culture mandingue est engagée à porter loin avec l’autre homme marque de la culture yoruba avec son batà, ce projet d’une nouvelle identité musicale d’Afrique et faire rêver d’autres.

Pourquoi avez-vous décidé de travailler avec Jah Baba ?
Je n’ai pas décidé de travailler avec Jah Baba. C’est plus fort que décider. J’étais interpellé. Après notre concert ici à l’Institut français –il y a deux ans, ndlr-, je suis venu ici à Africa sound city et Jah Baba était en concert. Il jouait des percussions et je ne pouvais plus résister. Le gars, il est exceptionnel. Non seulement il jouait très bien mais je ne connaissais pas cet instrument. J’étais tellement hypnotisé. C’est comme si ça me parlait, m’interpellait. Donc il faut qu’on se rencontre. Tout est parti de là. Aujourd’hui le rêve se réalise.

Comment vous vous sentez après ce premier pas à Cotonou ?
C’est le bonheur.Le plus dur a été fait. Le plus dur, c’est toujours ce qui est derrière jusqu’au jour où on commence par jouer.C’est une équipe derrière nous qui a travaillé pour que ce rêve soit possible. Il y a l’Institut français, l’équipe de Jah Baba et mon équipe. La rencontre est là et quand le son sort,quand on commence de jouer, là c’est le bonheur. Le travail s’est bien déroulé avec les musiciens. Nous –Jah Baba et lui- sommes ceux qui sont devant mais les 80% du travail, c’est eux qui le font. Il y a le respect mutuel. Tout le monde dit ce qu’il en pense sans exception. Donc ils participent vraiment à fond. On se fait confiance aussi. C’est aussi l’expérience.

Batàkora, c’est la fusion entre le Batà et la Kora mais visiblement vous ne vous contentez pas de ces deux instruments.
C’est tout on un ensemble. Je sais que Jah Baba ne joue pas que du Bata. Il joue d’autres instruments. Et puis c’est quelqu’un qui connaît la musique. Ce n’est pas juste un percussionniste banal. C’est beaucoup plus facile, beaucoup moins compliqué de travailler le plus rapidement possible parce que là, en 10 jours on est arrivé à mettre un répertoire aussi lourd.Même nous, on est impressionné. Mais le travail, ce n’est pas qu’en 10 jours. Ça a pris des mois. C’est vraiment un long processus.

Vous allez poursuivre après Cotonou ?
Ça va continuer. On aimerait bien le faire découvrir –Batàkora- un peu partout. Déjà je suis très heureux parce qu’on dit chaque chose est un départ. C’est vrai, j’ai eu à collaborer avec beaucoup d’artistes d’extérieur au niveau européen, américain, asiatique mais je n’ai jamais eu pratiquement des collaborations sud-sud, c’est-à-dire l’Afrique même. C’est important qu’on le fasse.Il faut que nous ici, qu’on commence à collaborer, à se faire confiance, à travailler, à partager nos cultures,nos bonheurs, nos soucis, nos envies, nos rêves. Pourquoi pas faire rêver les plus jeunes aussi d’avoir le courage de travailler entre eux même !? C’est dans la norme des choses.

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
No Comments

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.