Entre intrigue policière, mémoire et réalités contemporaines, le roman de Colince Yann a été au centre d’une rencontre littéraire organisée le dimanche 25 octobre 2026 à Nobila Airport Hotel. Portée par la Maison Encrage Éditions avec le soutien de Bénin Influence, la rencontre a mis en lumière la capacité de la fiction à raconter le Bénin et à faire circuler ses imaginaires.
Comment raconter le Bénin d’aujourd’hui à travers la fiction ? C’est l’un des fils conducteurs de la rencontre consacrée à La Bataille de Ouidah-Plage, le roman de Colince Yann, connu sous le nom de plume Le Sorbonnard. Autour de l’auteur, des professionnels de la littérature, du cinéma et des médias ont échangé sur les choix narratifs de l’œuvre, ses références culturelles et les possibilités qu’elle ouvre au-delà du livre.
Parrainée par Claudy Siar, chargé de mission du président de la République et responsable de Bénin Influence, la rencontre a été présentée par Lhys Degla et modérée par Jasmin Guézo. Parmi les personnalités annoncées comme invitées d’honneur figuraient Bella Agossou, Florent Couao-Zotti et Isabelle Yacoubou. Les échanges ont notamment bénéficié des regards de Kismath Baguiri, réalisatrice et scénariste, et d’Arcade ASSOGBA, réalisateur et producteur.
Un récit aux frontières de plusieurs genres
Les discussions ont d’abord porté sur la construction de La Bataille de Ouidah-Plage. Le roman mêle les codes du polar, du thriller technologique et de la comédie, autour de personnages pris dans des situations de manipulation et de machination. Cette diversité a conduit les intervenants à questionner le rythme du récit, la place du suspense et les choix de narration de l’auteur.
La langue a également occupé une place importante dans les échanges. L’écriture, les dialogues, l’humour et la richesse des descriptions ont été évoqués pour rendre compte d’un roman qui emprunte à plusieurs genres sans se limiter à une seule catégorie. Les discussions ont aussi abordé la possibilité de transposer cette matière narrative au cinéma ou au théâtre, compte tenu de la place accordée aux personnages, aux séquences et aux environnements.
Ouidah, entre mémoire et présent
Au cœur du roman, Ouidah n’est pas seulement un décor. La ville et ses lieux participent à la construction du récit, entre mémoire historique, vie contemporaine et événements culturels. Cette présence du territoire a nourri les échanges sur la manière dont la fiction peut représenter le Bénin sans se détacher de ses réalités.
Pour Claudy Siar, cette capacité à raconter le pays constitue un enjeu majeur de visibilité culturelle. « Il est temps que nous écrivions nos propres histoires. Il est temps de construire nos propres imaginaires », a-t-il déclaré. Il a souligné le rôle de la littérature, du cinéma, du théâtre, de la musique et des arts dans la manière dont le Bénin se présente au monde.
À travers Bénin Influence, a-t-il rappelé, l’ambition est de contribuer au rayonnement des talents béninois dans différents secteurs culturels. Il a également évoqué l’importance du patrimoine mémoriel de Ouidah et de l’attractivité du pays pour les visiteurs qui souhaitent découvrir son histoire et sa culture.
De la littérature à d’autres formes artistiques
Avec La Bataille de Ouidah-Plage, Colince Yann propose une fiction qui associe les ressorts du récit populaire à des références culturelles et territoriales béninoises. La rencontre a enfin ouvert la discussion sur les possibilités d’adaptation de l’œuvre. Les regards croisés des professionnels présents ont permis d’aborder les liens entre écriture littéraire, narration visuelle et création scénique. Les personnages, les séquences et les lieux décrits dans le roman offrent autant de pistes pour envisager une circulation du récit vers d’autres formes artistiques.

