Dans le cadre du « Cnoa Formation Tour 2026 », le Conseil National des Organisations d’Artistes et d’Acteurs Culturels a conduit, les 21 et 22 août 2026, une série d’ateliers à Dogbo puis à Abomey. Destinées à outiller les organisations de la société civile culturelle en matière de gouvernance et de recherche de financements, ces sessions territoriales marquent une étape clé vers l’autonomisation du secteur.
Le talent artistique constitue une force brute immense, mais son inscription dans la durée exige des compétences de gestion rigoureuses. Face aux défis de pérennisation auxquels font face les créateurs béninois, le Conseil National des Organisations d’Artistes et d’Acteurs Culturels (Cnoa-Bénin) a fait le choix de la proximité. La première phase du « Cnoa Formation Tour 2026 » s’est déployée dans les départements du Couffo et du Zou avec un objectif ciblé. En effet, il s’agit de doter les acteurs du terrain des leviers nécessaires pour structurer leurs initiatives.
Les sessions ont réuni un encadrement technique de premier plan. Didas Vodounou, consultant-formateur en développement culturel et organisationnel, a dispensé ses enseignements aux côtés d’Ézéchiel Adigbé, statisticien économiste spécialisé dans la mobilisation des ressources. Le module de formation abordait une problématique centrale pour le monde artistique contemporain, à savoir la professionnalisation des organisations de la société civile culturelle par la bonne gouvernance et la gestion efficace.
Au cours des travaux, les formateurs ont insisté sur l’urgence d’adapter les structures locales aux exigences des bailleurs institutionnels. Didas Vodounou a rappelé avec insistance les règles du jeu managérial. « Dans nos écosystèmes, les idées et la créativité foisonnent. Cependant, l’intuition ne suffit plus à pérenniser une entreprise culturelle. Il faut une gouvernance transparente et des outils de gestion modernes pour rassurer les partenaires et crédibiliser nos démarches », a confié le formateur.
Pour sa part, Ézéchiel Adigbé a mis l’accent sur la souveraineté financière des associations. « La mobilisation des ressources implique de passer d’une posture de dépendance à une logique de projet structuré. Un acteur culturel formé doit être capable de monter un dossier solide et de diversifier ses sources de financement », a-t-il précisé.
Une forte mobilisation des acteurs du terrain
La tournée a débuté le 21 août à Dogbo dans le Couffo. Plus de 150 participants se sont rassemblés pour suivre cet accompagnement. Ce succès d’affluence découle de l’implication de la Coordination Départementale (Ccd-Couffo), présidée par Ignace Tossou, alias Be Cool, dont les relais locaux ont sensibilisé le public artistique.
Le lendemain, 22 août, la ville d’Abomey dans le Zou a pris le relais en accueillant 68 responsables d’associations et créateurs issus de toutes les disciplines artistiques. Le déploiement s’est appuyé sur l’action de la Ccd-Zou, dirigée par Oslo Nassi Adjakidjé, Ceo de “Creative Ok Fashion”. Le président du Ccd-Zou a tenu à souligner l’impact territorial de cette initiative. « Cette dynamique territoriale permet à nos artistes de sortir de l’isolement. En rapprochant la formation des communes du Zou, nous construisons un réseau culturel local plus fort et mieux préparé aux réalités du marché », a-t-il martelé.
Prochaine étape à Parakou et Djougou
À travers ce périple, le Cnoa-Bénin réaffirme la place stratégique des coordinations départementales comme leviers de transmission entre les instances nationales et les communautés artistiques. L’initiative vise une transformation globale du secteur pour faire passer l’initiative individuelle à l’organisation structurée.
Cette dynamique de formation de proximité poursuit sa route. La seconde phase du tour abordera les technologies émergentes avec un module consacré à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les activités des Industries Culturelles et Créatives. Les prochaines étapes sont fixées au vendredi 4 septembre 2026 à Parakou, puis le samedi 5 septembre 2026 à Djougou.

