Les artistes Gopal Das, Koudy Fagbémi, Balim’s 1er et Martina Ricciardi dans le Spectacle « Je suis toi » Ph/ DR

Bénin-Spectacle : « Je suis toi », une fusion artistique qui transcende des barrières

Les artistes Gopal Das, Koudy Fagbémi, Balim’s 1er et Martina Ricciardi ont représenté une création transdisciplinaire dans la nuit du samedi 23 mars 2019 à l’espace culturel et artistique « Le Centre de Lobozounkpa ». Issue d’une résidence de dix jours, cette création est une invite à l’acceptation de l’autre dans sa différence pour l’équilibre du monde.

« Pourquoi tant de barrières si nous ne sommes que des couleurs ? ». Telle est l’interrogation autour de laquelle tourne le spectacle intitulé « Je suis toi ». Né de la rencontre entre 4 artistes de divers pays, ce spectacle est une création transdisciplinaire qui vise la consolidation du vivre-ensemble. En 45 minutes, la danseuse italienne Martina Ricciardi, la chanteuse béninoise Koudy Fagbémi, le slameur burkinabé Balim’s 1er et celui béninois Gopal Das brisent des barrières.

Les artistes Gopal Das, Koudy Fagbémi, et Martina Ricciardi

A travers chant, danse, et texte, les artistes mettent en scène des différences quotidiennes qui empêchent les êtres humains de vivre en toute harmonie. De celles innées en passant par celles créées par les institutions, ils questionnent ces différences qui constituent des barrières entre les Hommes. Tout ceci, les artistes (slameurs, danseuse et chanteuse) le font dans une aisance scénique digne de bons comédiens, dans une pièce de théâtre.
Dès les premières minutes, les ‘’comédiens’’ attirent déjà l’attention sur des différences. Installé, chacun, dans une extrémité de la scène, ils s’attèlent à leur discipline respective. Déclamant le texte « Aquarelle des couleurs », Gopal Das se laisse guider par la mélodieuse voix de la chanteuse Koudy pendant que Martina esquisse quelques pas de danse contemporaine. Balim’s 1er quant à lui, se livre à la déclamation de vers axés sur les différences qui empoisonnent l’humanité.

En l’espace de quelques minutes les artistes se croisent au beau milieu de la scène et fusionnent. Ils surpassent leurs différences et se substituent même les rôles.Ensemble, ils disent des textes, dansent et chantent. Mais l’entente ne dure qu’un court instant avant qu’ils ne soient à nouveaux confronté à leurs différences.

Comme pour peindre la différence entre les langues, Martina exprime une opinion en Italien. Incomprise par ses interlocuteurs, elle se laisse aller à la colère. Totalement en désaccord, ils s’accusent mutuellement et se disputent presque sans pour autant se comprendre. Loin de toute banalité, cette scène peint comment les différences sont souvent sources d’incompréhensions et de conflits de par le monde.

Toujours avec le texte« Aquarelle des couleurs » qui fait la genèse de la race humaine en se basant sur les couleurs, les artistes dénoncent. Tout en personnifiant les couleurs, ils démontrent comment les Hommes se sont divisés au fil des années. Sous l’emprise des avancées technologiques, des frontières érigées entre les peuples et biens d’autres raisons, les êtres humains ne parlent plus le même langage.

Néanmoins, d’une scène à une autre, Martina, Gopal, Balim’s 1er et Koudy transcendent à nouveaux les barrières de leurs différentes disciplines artistiques. Ils prouvent ce faisant, la nécessité de l’acceptation de l’autre dans sa différence en vue de la préservation du vivre-ensemble. Car « les barrières nous emprisonnent et les différences nous empoisonnent » pensent-ils.

Inès Fèliho

 

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