Rock Ahavi lead du groupe Arka’n. Crédit photo: Tognidaho

Bénin-Concert Arka’n à l’Ifb : Du Heavy métal à l’africaine

Le théâtre de verdure de l’Institut français du Bénin a abrité dans la nuit du vendredi 4 octobre 2019 à Cotonou, le concert live du groupe de musique togolais Arka’n. Retour sur cette soirée où ce groupe a emballé plus d’un avec du hard métal fusionné à des rythmes traditionnels africains.

Dès les premières notes, Arka’n ‘’embrase’’ le public. Pas moyen de rester indifférent ou même évasif ne serait-ce qu’une seconde. Tant les instruments raisonnent. Et c’est parti pour un show en crescendo de Heavy métal aux couleurs africaines. Directeur musical, Rock Ahavi, équipé de sa guitare en bandoulière, conduit de main de maître 1h durant ce show en complicité avec ses compères Françis Amevo à la Basse ; Richard Cico à la Batterie ; Mass Aholou aux Percussions africaines et Enrico Ahavi au Clavier. C’est avec le titre « New song » que le groupe Arka’n s’installe

Mass Aholou, percussionniste du groupe Arka’n. Crédit photo: Tognidaho

et établit les liens avec son public. D’une voix éraillée mais langoureuse, Rock transporte les spectateurs dans l’univers rock métal de connivence avec le percussionniste qui lance des paroles en langue tels des aphorismes. Ils assurent ainsi une immersion dans la culture africaine. Vêtu d’un pantalon puis d’un pagne ceint à la taille, Mass Aholou fait raisonner des percussions africaines. C’est d’ailleurs lui, le protagoniste de cette touche africaine à ce mélange de rock et de métal, qu’ils surnomment « Asrafocore ».

Majoritairement exécutés en Minan et en Anglais, les morceaux de ces musiciens togolais conscientisent. Ils s’intéressent à l’humanité et mettent en exergue les valeurs ancestrales de l’Afrique. Ceci avec une ingéniosité musicale assez remarquable. Outre la voix imposante du lead vocal, le retentissement des guitares, de la batterie et les percussions traditionnelles de Mass, ce groupe dispose d’un autre ‘’joker’’. Il s’agit de Enrico Ahavi qui, par moment délaisse son poste de pianiste pour enfiler un manteau de rappeur. Comme pour extérioriser une rage enfouie au plus profond de son être, le rappeur enchaîne des flows. Quand bien même difficiles à cerner pour le profane, ses flows, semblables à des rugissements de Lions, provoquent des frissons. Enrico Ahavi ajoute un piquant plutôt <<fun>> à ce show.

Pour descendre la pression, Rock enchaîne avec des morceaux qu’il exécute cette fois-ci avec une voix douce et apaisante. « On a parfois envie de s’échapper de ce monde de dualité » dira-t-il avant de plonger le public dans un air moins fougueux à travers le titre « Mother land » qui signifie « la terre mère ». Telle une hymne, cette chanson est coulée en douce. Suite à cette transition qui ne durera que le temps d’un morceau, place sera de nouveau faite à une ambiance torride. Les musiciens remontent de plus belle. Ils se déchaînent et entrainent le public avec eux dans une fougue surprenante. Rock invite les spectateurs à se débarrasser des sièges et à se mettre debout pour danser. Ceux-ci s’exécutent promptement, comme s’ils n’attendaient que ça pour se défouler. Et le spectacle est impressionnant. Pas de pas de danse conventionnels, chacun y va au gré de ses pulsions en se trémoussant et ce, jusqu’à la toute dernière note.

Inès Fèliho

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
No Comments

Post A Comment