Ségou’Art 2016_Chaoui El Faiz Mohammed : « Le galeriste n’est pas là pour s’approprier l’artiste »

Ségou’Art 2016_Chaoui El Faiz Mohammed : « Le galeriste n’est pas là pour s’approprier l’artiste »

Marocain Chaoui El Faiz Mohammed, Fondateur de la galerie 38

JMC 2017

En séjour à Ségou pour le compte de la première édition du Salon International de l’Art Contemporain du Mali, le Marocain Chaoui El Faiz Mohammed, Fondateur de la galerie 38 Casablanca nous édifie sur le métier du galeriste.

Lisez l’interview qu’il nous accordée…

Dekartcom : Monsieur Chaoui El Faiz Mohammed, dites- nous le rôle que joue le galeriste auprès d’un artiste plasticien ?
Chaoui El Faiz Mohammed : Le rôle du galeriste, c’est de créer un lien avec l’artiste qu’il aime, en qui il croit. Le galeriste fait un travail que l’artiste n’est pas appelé à faire. Celui de la promotion. Il essaye de le montrer en utilisant tous les moyens essentiels pour le promouvoir. Donc il est un maillon essentiel.

Le galeriste n’est- il pas qu’acheteur – revendeur d’objets d’arts ?
Non. Son rôle va au-delà. Il peut acheter, cela peut faire partie des modalités conclues avec l’artiste. Et dans ce cas, le galeriste peut acheter des œuvres d’arts de l’artiste comme il peut acheter des collections de l’artiste. Pour moi, ce qui est très important, c’est que l’artiste a son mot à dire. Le galeriste est là pour l’accompagner et c’est un travail professionnel… Chacune des deux parties à savoir l’artiste et la galeriste gagnent. Mais, je précise que dans le domaine artistique, il n’y a pas que l’argent qui est en jeu.

Techniquement, qu’est – ce que le galeriste apporte à l’artiste ?
Il l’expose, il le présente dans les foires et grands salons, il l’accompagner parfois dans la production de ses œuvres. L’artiste a besoin de monter en grade et le galeriste l’aide à atteindre ce but… C’est tout un travail. Le galeriste n’est pas là pour s’approprier l’artiste.

Dans l’exercice de ce métier, est- ce qu’il arrive que le galeriste rencontre des artistes capricieux ?
C’est une question d’entente. Il faut qu’il y ait un feeling et moi, je travaille sur le feeling. Il y a la qualité du travail mais aussi la relation avec l’artiste. Cette relation est très importante et tourne autour de la collaboration et de l’amitié. On essaie d’être professionnel et l’artiste avant d’être capricieux doit être professionnel. Pour ma part, la majorité de ceux je croise sur mon chemin sont de bons artistes qui murissent nos relations.

Vous êtes au Mali dans le cadre de Segou’Art 2016. Parlez- nous de vos activités sur ce salon.
Comme tout galeriste, on est toujours à la recherche de nouveaux artistes talentueux. Je suis venu au Mali sur les invitations de Segou’Art et de l’artiste Abdoulaye Konaté qui est un grand plasticien, un artiste mondialement connu, représenté par de très grandes galeries européennes. C’est un homme extraordinaire. Il est dans la transmission, dans le partage.

C’est Abdoulaye Konaté qui m’a dit qu’il y a la première édition de Segou’Art et que de jeunes talents vont y être exposés. Il a donc insisté pour que je vienne les découvrir.

Et qu’avez- vous remarqué par rapport aux éloges de l’aîné sur ses jeunes collègues ?
Je pense que le niveau est très élevé. Il y a des artistes qui m’intéressent. Je ne dirai pas les noms. Il y a certains artistes que je vais contacter et essayer de les rencontrer.

Après la rencontre, que se passerait- il ?
Si moi j’aimerais bien travailler avec l’artiste, cela ne veut pas dire qu’il va vouloir automatiquement travailler avec moi. Généralement, le galeriste présente sa vision à l’artiste et les deux se mettent d’accord sur les différentes modalités professionnelles de travail (résidences, expositions, relation d’une courte ou longue durée). Le travail d’un artiste, c’est un long chemin, c’est un sacerdoce. Donc on va essayer de trouver une entente pour collaborer parce qu’il s’agit d’une collaboration.

Réalisation : Esckil AGBO, Envoyé Spécial de Dekartcom à Ségou

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