Joël M’Maka Tchédré, réalisateur du film Pacte

Niger/ Toukounctchi Festival de cinéma : Pacte ou la nuit fatale d’un veuf

Le jeune réalisateur togolais Joël M’Maka Tchédré signe un film, entièrement mimique vraiment émouvant. Intitulé « Pacte », il est en compétition officielle à la deuxième édition de Toukountchi Festival de cinéma du Niger.

Une œuvre singulière dans laquelle évoluent deux acteurs. Un visible et un invisible. Les deux partagent un moment de douceur dans une nuit silencieusement violente. La conjointe, désormais défunte pleure son mari qui poursuit son séjour sur la terre. Celle- ci demande à son époux de la rejoindre dans l’au- delà.

« Préféré, tu me manques », « Comment puis- je rester ici sans toi ? », ce sont entre autres les mots du ‘’fantôme’’ à son conjoint.

Loin du corps mais présente dans l’esprit du jeune – homme, l’épouse revenante réussit à provoquer en ce dernier une série de chocs psychologiques. Sa présence est constante dans son ex- maison. Elle semble douée d’ubiquité dérangeant sans répit le jeune veuf.

Face à la rude épreuve qui lui paraît éternelle, l’homme traumatisé finit par se donner la mort : Pacte.

Une démarche cinématographique innovante
La force de ce film réside dans le mime. Il est caractérisé par l’absence de dialogue. L’acteur principal n’a utilisé que des gestes et jeux de physionomie pour exprimer ses pensées, pour passer son message. Une première sans doute dans le cinéma togolais.

Normale et mi – fantastique, l’histoire est restituée aux cinéphiles sans anicroches, avec un caractère peu ou prou vraisemblable. Bien calibrée, elle oublie tout détail inutile ou ennuyant.

Si c’était au théâtre, on dira que la règle des trois unités est bien respectée. L’unité d’action : le réalisateur a concentré la trame sur le sujet principal du film. Pas d’actions secondaires. L’unité de temps : la scène se déroule en un temps, une nuit et enfin l’unité de lieu : la chambre où a lieu l’action.

Cependant, on y note une bienséance externe. Le réalisateur aurait pu se passer du suicide de l’acteur principal. A ce niveau, nous pouvons dire, sans risque de nous tromper qu’il a respecté très peu ou pas du tout la courtoisie à laquelle il sied de se conformer. Le suicide va contre la morale. Sa proscription est légiférée dans plusieurs pays du monde. Dans les arènes religieuses, il est également banni.

Sorti en octobre 2016, ce film avant d’atterrir au Toukountchi Festival de Cinéma du Niger était à Ouagadougou lors du dernier Fespaco. Les cinéphiles de la Guinée Conakry et du Burundi ont aussi le plaisir de le déguster. C’est un film à regarder et à (re) regarder.

Esckil AGBO, Envoyé spécial au Niger/ ©dekartcom.net

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