Cameroun-Cinéma : « MAKEBA » dénonce les violences faites aux femmes

La Journée des droits de l’homme est célébrée chaque année le 10 décembre. Jour anniversaire de l’adoption en 1948 par l’Assemblée générale des Nations Unies de l’homme. C’est en cette occasion,que l’ambassade d’Espagne a projeté le film Makeba du réalisateur Christian Kengne. Une projection qui s’exprime largement sur la violation des droits de la femme, à travers les violences et abus faits sur ces dernières dans leurs foyers au quotidien.

Selon le ministère des affaires sociales au Cameroun, les violences faites aux femmes et aux enfants sont devenus sujets courants dans le fil d’actualité des camerounais. Ils ne se passent plus des journées sans que l’on ne commente sur une éventuelle maltraitance ou viol d’enfants, et ou encore sur la mort d’une femme battue par son conjoint. Les statistiques du ministère des affaires sociales disent qu’au Cameroun, au moins quatre femmes sur 10 sont battues par leurs conjoints et n’arrivent pas à dénoncer ces abus de peur de représailles ou de railleries. La violence physique est présente dans de nombreux couples au Cameroun. Il faut souligner ici que plusieurs femmes africaines et camerounaises aujourd’hui peuvent témoigner d’une violence infligée par le conjoint et plusieurs en garde des séquelles. Que ce soient des violences physiques, verbales, économiques, institutionnelles, émotionnelles ou encore culturelles, la femme camerounaises demeure une victime passive de ces dérives sociétales. C’est fort de toutes ces raisons que Christian Kengne s’est penché sur un scénario qui exprime dans toute sa profondeur les conditions et les conséquences d’un foyer sujet à des violences perpétuelles sur la femme.« Makeba » est un long métrage d’une durée de 01h 23 minutes mettant en exergue toutes ces thématiques.

Makeba

C’est l’histoire poignante et interpellatrice d’une femme qui se fait battre chaque jour par son époux. À travers des effets spéciaux, le film de 83 minutes fait voyager le cinéphile dans l’intimité de plusieurs foyers dans lesquels les jeunes filles et femmes sont soumises à divers traumatismes liés aux coutumes africaines et où règne la violence conjugale.Il est également question des séquelles sur le comportement d’enfants issus de ces familles à querelles. « Makéba » dénonce à suffisance les tares d’une société qui a démissionné de son rôle d’arbitre et de régulatrice, où les valeurs de la dignité féminine sont à revoir. Christian Kengne jeune réalisateur camerounais, peint une société où il dénonce à travers le film Makeba les querelles et autres violences familiales que vit une bonne frange de la population féminine camerounaise voire africaine. Il révèle que cette idée est partie d’un vécu, des évènements qui ont marqué une partie de son parcours et qui ont influencé sa décision de dénoncer à travers ce long métrage. «Mon intention dans ce projet est d’illustrer tel un tableau, la violence sociale qui sévit au Cameroun en particulier, en Afrique et dans le monde en général. De par mon expérience de reporter d’images, j’ai pu remarquer que les violences faites aux femmes et aux enfants étaient des sujets propres et communs à plusieurs pays » explique-t-il. « MAKEBA » est un donc un canal parmi tant d’autre de dénonciation des violences familiales.Le film s’interroge sur le silence des victimes, le silence des familles, enfin sur le mutisme inquiétant de la société.Dénoncer une situation dans laquelle vit une grande partie des familles camerounaises. Car, selon les statistiques du gouvernement,un demi-million de camerounaises sont concernées par les viols et abus sexuels dans les foyers. Susciter un débat et faire un plaidoyer auprès des décideurs tels sont également les objectifs de cette fiction.

A côté de cette projection qui a captivé un public venu nombreux pour la circonstance, une semaine d’atelier cinéma sur comment réaliser un film à petit budget a été programmé à l’ambassade d’Espagne. Cet exercice qui se tient depuis le 11 décembre 2019 et s’achèvera le 20 du même mois vient à point nommé vu la difficulté qu’ont des professionnels à pouvoir réaliser de bons films avec des budgets limités. Ces séances de travaux qui courent seront couronnées à la fin par le prix « Talents ciné Afrique ». Quatre professionnels des métiers du cinéma camerounais ont été invités pour dispenser ces cours de coaching cinématographique. Il s’agit de Martin Poulibé, Christian Tamo, Banderas Kouam et bien sûr du réalisateur Christian Kengne.

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