Tunisie_ Ridha Ben Mansour : « L’enfant qui pratique la musique est un espoir pour le développement »

Tunisie_ Ridha Ben Mansour : « L’enfant qui  pratique la musique est un espoir pour le développement »

JMC 2017

La musique pour enfants est une branche très peu développée en Afrique. Totalement absente dans certains pays du continent, elle est, semble-t-il, sous – estimée par nombre de personnes dont des professionnels de la musique. Pourtant, sous d’autres cieux, c’est un genre prisé. Votre journal aborde le sujet avec le docteur Ridha Ben Mansour, Musicologue tunisien et Expert en musique pour enfants.

Voici ce qu’il a dit…

Dekartcom.net : Qu’est- ce qu’on entend par musique pour enfants ?

Le docteur Ridha Ben Mansour, Musicologue   tunisien et Expert en musique pour enfants.

Le docteur Ridha Ben Mansour, Musicologue tunisien et Expert en musique pour enfants.

Ridha Ben Mansour : La musique pour enfants est la musique pratiquée par les enfants.

A partir de quel âge peut-on initier l’enfant à la musique ?
D’après les études scientifiques, c’est à partir de la période prénatale. On peut donc commencer à faire écouter de la musique à l’enfant quand il est encore dans le ventre de sa maman. Ce sont des circulations scientifiques qui indiquent cette option.

Moi, d’après mes expériences, en vingt – cinq ans avec les enfants, je pense qu’on peut commencer par faire et non apprendre la musique avec les enfants à l’âge de deux ans.

Comment cela est- il possible ?
C’est une préparation. C’est un éveil. On commence par exemple une session rythmique. Vous savez très bien que le rythme vient de l’Afrique. Une session rythmique, dis- je, par imitation. C’est à – dire qu’on prend l’enfant et on lui donne l’instrument, cela peut être des jouets. C’est sûr qu’il va commencer à taper là- dessus car cela est dans l’instinct. Les adultes, à partir de là, canalisent ce que l’enfant tape et le transforment, par la suite en rythmes. L’idée viendra toujours de l’enfant et non de l’adulte…

Pour le chant, c’est pareil, c’est par imitation. Du moment où vous chantez beaucoup devant l’enfant à l’âge de deux ans ou trois ans, soyez sûr qu’à l’âge de six ans, il aura approprié tout ce que vous chantiez à côté de lui et il développera un talent musical.

A quel âge l’enfant peut alors recevoir les normes conventionnelles en musiques, je veux parler des solfèges et autres… ?
A partir de six ans. Je donne un exemple extraordinaire. Quand on naît, on commence par parler à l’âge d’un an et demi, deux ans. On parle jusqu’à quatre, cinq ans. Et après, on va à l’école pour écrire ce que nous disions des années plus tôt. C’est la même chose pour la musique. C’est notre langue maternelle. Il y a une période où on s’est approprié la musique, on la joue, on la danse. Après, viendra la période où on va écrire cette musique et dans ce cas on rentre dans la théorie.

Pensez- vous que la musique pour enfants est pratiquée dans le monde ?
Je ne sais pas si c’est une histoire de culture mais je constate qu’on considère l’enfant comme un sous- homme. On dit qu’il est petit, qu’il ne connaît rien et on l’éloigne de la musique. La musique pour enfants est beaucoup plus développée au Canada. L’enfant est une personne à part entière qui a son monde. Il a ses jeux, il a sa musique qu’il écoute. En Afrique, on se bat carrément.

C’est toute une politique que moi je mène pour la promotion de la musique pour enfants. Actuellement, je travaille dans les écoles primaires tunisiennes des lieux plus ou moins défavorisés et j’emploie mes étudiants qui font des cours de musique aux enfants. Il s’est avéré que l’enfant qui a fait la musique, qui l’a pratiquée ne passera pas de l’autre côté. Un enfant bien éduqué musicalement est un espoir pour le développement.

Réalisation : Esckil AGBO/ Tunis, avril 2017

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