Le comédien béninois, Hounhouénou Joël Lokossou ©Tognidaho

Institut français du Bénin: Joël Lokossou, « Le pèlerin » aux trousses du mystérieux invente

Le comédien béninois vivant en France, Hounhouénou Joël Lokossou, après cinq jours de création à Cotonou, a présenté, samedi 3 octobre 2020 à l’Institut français du Bénin, « Le pèlerin » de Fernando Pessoa écrit en 1917, adapté. Avec lui, ce conte initiatique vit une nouvelle vie théâtrale, poétique, musicale, dansante dans un voyage physique et spirituel. C’est une co-réalisation de l’Institut français du Bénin et de la compagnie Invitez le monde avec le soutien d’Imagin’Studio.

Sur une chaise sur la scène sous la paillotte de l’Institut français du Bénin à Cotonou. Hounhouénou Joël Lokossou dans le corps de « Le Pèlerin » raconte sa vie. Une vie en deux temps. Dans la maison de ses parents au bord de la mer, il vit paisible, joyeux, sain, naturel dans l’amour de ses parents et d’amis. Mais depuis ce jour, où, alors qu’il observait comme d’habitude les mouvements de la rue, cet « homme en noir » est venu vers lui et lui a parlé, il a perdu la tranquillité de sa vie ; son amour pour les parents et les amis diminue. Les mots plein d’énigme de l’homme en noir devenu un mystère dans sa vie le pousse à partir : « Ne fixe pas la route ; suis-la ». Jusqu’où, pour quel but ? Sur son parcours initiatique, il fait des rencontres entre joie et angoisse sur l’autre scène. Est-ce l’objet de l’‘’instruction’’ de l’homme en noir ou une tentative ? Le jeune va sur monter pour continuer son pèlerinage puisant chaque fois du jour où il a vu ce mystérieux homme et de ses mots.

Dans la représentation de cette vie pour la partager avec le public en une heure, Joël Lokossou s’est créé plusieurs espaces scéniques sous et autour de la paillotte de l’Institut français du Bénin à Cotonou. Son option permet au public de vivre en réalité ce voyage du jeune qui part d’une cité à une autre et les questionnements spirituels qu’il suscite lorsqu’il disparait et fait entendre seulement sa voix ‘’très loin’’ du public ou qu’il doit fait apparaître le fantôme, le mystère dans sa vie, etc. Son choix dans la mise en scène est plein d’inventions se refusant la routine au théâtre avec la complicité de deux musiciens-chanteurs et d’une chanteuse-chorégraphe dans l’une des villes de son voyage.

Le pèlerin, sur sa route n’aura pas retrouvé la tranquillité perdue. Retrouvera-t-il le mystérieux ? Faut-il se contenter d’une vie de jeune paisible sous le dos des parents ou dans un autre sens, faut-il abandonner ici pour une destination inconnue imaginant un mystère ou à sa quête ? Sur d’autre plan, on parlerait de la détermination à aller au-delà du fait de se fixer des objectifs. Il faut plutôt les poursuivre. Mais comment surmonter les épreuves et ne pas se détourner de ses objectifs ? … La fin du spectacle laisse le champ ouvert sur le pèlerinage de l’homme. La vie un pèlerinage. Les destinations, buts et moyens ne sont certainement pas les mêmes pour les 7 milliards de voisins.

Blaise Ahouansè

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