l’humoriste ivoirien, Mareshal Zongo

Cote d’Ivoire – l’humoriste Mareshal Zongo : «Le rire pour instruire, interpeller, construire»

Au-delà de son titre de conseiller artistique sur le Marché des arts du spectacle d’Abidjan (MASA), l’humoriste ivoirien, Mareshal Zongo, a été président du jury des prix spéciaux à la 11ème édition de l’événement tenue du 7 au 14 mars 2020. Il apprécie ici l‘instauration de ces récompenses. Président de l‘Association des humoristes professionnels de Côte d’ivoire, Gnamian Bi Nestor Gole, à l’état civil, nous situe aussi sur le genre d’humour privilégié au MASA et qui pour lui est ce dont l’Afrique a besoin.

Quelles sont vos impressions par rapport au fait que des prix soient instaurés au niveau du MASA pour récompenser des artistes?
Je pense que c’est une très bonne initiative. C’est quelque chose qui encourage les artistes à travailler davantage. Je suis très content que ces prix existent.

Pour vous, quelle place l’humour occupe au niveau du MASA?
L’humour est le dernier né qui fait son entrée au MASA. Il y avait toutes les disciplines sauf l’humour. Mais on est là depuis 2016. Et depuis, l’humour a tiré son épingle du jeu. En 2016, nous avons fait la nuit de l’humour au palais de la culture ici, 1500 places. C’était plein. On a eu des formateurs qui sont venus du Canada faire deux semaines de coaching avec les humoristes. Aujourd’hui, l’humour est devenu un art majeur parce que de la même façon que les musiciens font le tour du monde pour remplir des salles, des humoristes font aussi le tour du monde. Le palais de la culture, 4000 places chaque fois qu’il y a un spectacle, c’est bourrer de monde. Je pense que c’est un indice qui permet qu’on respecte ce genre d’art. Aujourd’hui, l’humour, socialement dans l’univers de la culture, est important. Au MASA aussi, c’est important qu’il y ait de l’humour sauf qu’au MASA, on table sur les spectacles qui ont une thématique sociale importante. Pour nous, en tant qu’Africain, ce n’est pas le ‘’juste pour rire’’. Nous ne voulons pas que les gens viennent regarder les spectacles, qu’ils en sortent et se posent après la question de savoir de quoi est-ce que ça parlait. Il faut que les jeunes africains humoristes s’attaquent aux sujets de réalité, aux sujets qui sont autour de nous. Il y en a tellement qu’on ne peut pas manquer d’inspiration. Donc au lieu de faire rire pour faire rire, il faut faire rire pour construire, il faut faire rire pour instruire, il faut faire rire pour interpeller.

De plus en plus, cet art se développe en Côte d’Ivoire. On voit beaucoup de jeunes qui embrassent désormais cette carrière. Est-ce que cela rassure d’une bonne carrière vu le nombre des festivals ?
C’est vrai que pour le moment, il n’y a pas assez de plateaux. Nous, en tant qu’artiste, on ne peut pas être au début et à la fin à la fois. C’est l’industrie, c’est tous ceux qui sont dans le mécénat, dans la promotion de spectacle, qui doivent s’avoir que l’humour est un véritable indice économique en matière de culture, en matière de spectacle. C’est en train de venir. Beaucoup de médias aujourd’hui ont des plateaux humour. Je pense que si dans chaque pays, chaque télévision nationale ou privée se lance le défi de mettre en place une émission d’humour pour permettre à des jeunes de passer au travers de filtres de formation et de sélection, au fur et à mesure, on aura des gens très efficaces, pertinents et on aura un peu plus d’espace d’expression pour l’humour.

 

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