l’installation « Assinyikon » crédit photo: Le Centre

Bénin/ Arts Contemporains : Eliane Aïsso projette sa vision de ‘’l’autre monde’’

Une exposition monographique de la plasticienne Eliane Aisso est présentée au Centre de Lobozounkpa, à Abomey-Calavi.A travers cette exposition intitulée Rêves de l’au-delà, fruit d’une fusion entre peinture et photographie, l’artiste met en lumière les résultats de recherches sur la thématique de l’unité qu’elle développe depuis 2016.

Des images puisées de la tradition, capturées, retouchées pour en faire ressortir le caractère spirituel sont actuellement présentées dans les salles d’exposition du Centre. Ici, plusieurs techniques sont expérimentées par Eliane Aïsso donnant ainsi des œuvres hybrides qui gravitent autour d’un rite endogène intitulé « Assin ». D’origine ancestrale, ce rite « est en réalité une représentation physique, en métal, à caractère mystique qui relie le défunt au monde des vivants », confie-t-elle. C’est autour de ce symbole que l’artiste a déployée ses œuvres en relation avec les rêves inachevés ou irréalisés, l’artiste fait également écho au phénomène de la réincarnation.

« Je crois que des gens meurent sans jamais réaliser la totalité de leur rêve. Néanmoins, par le phénomène de ‘’Djotô’’ (réincarnation), les rêves peuvent se poursuivre » nous explique-t-elle.L’artiste décrit cette croyancedans ses œuvres, en laissant transparaître sur chacune d’elles, des images symbolisant le rêve.Chaque oeuvre raconte une histoire d’ambitions refoulées qui reprennent corps dans l’au-delà. Les assins sont omniprésents dans cette série d’œuvres hybrides, ils sont immergés dans un paysage recrée, travaillé par l’artiste.

L’exposition s’achève par l’installation « Assinyikon » illustrant un grand autelsemblable à ceux implantés dans les maisons familiales du Sud Bénin.Composée d’une vidéo intitulée ‘’Le souffle‘’ en échos au texte deBiragoDiop, cette installation renvoieà la fois à une réalité culturelle mais également cultuelle. Eliane Aïsso avoue avoir confectionné cette oeuvre en six mois. Du papier mélangé à de l’eau et trituré, de la colle, des fils de pêche, des feuilles d’hysope, des assins et autres éléments ont été exploités par la jeune femme pour la réalisation de cet autel. « Rien n’a été utilisé au hasard. Des assinsaux feuilles d’hysope (signe de purification), en passant par le texte de BiragoDiop, j’ai voulu communiquer ma conception de l’au-delà », aussi, ne manque pas-t-elle de confier que la perte de sa grand-mère en 2017 à susciter beaucoup d’interrogations ayant généré l’exposition « Rêves de l’au-delà ». « A travers cette exposition, je redonne vie aux rêves inachevés de ma grand-mère et à ceux de tous les défunts. Car, j’ai la conviction que les rêves se poursuivent même dans l’au-delà », conclue-t-elle.

L’exposition Rêves de l’au-delà se poursuit jusqu’au samedi 10 mars 2018 au Centre.

Inès FELIHO

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