La couverture

Sincères condoléances de Gisèle Totin: Une prose tout à fait érotique

Alors que le sujet directeur du livre est le deuil, Gisèle Totin, auteure de Sincères condoléances y décrit d’ardentes scènes de sexe. Il s’agit, en effet, de son premier ouvrage, lequel est paru en avril 2016 en France chez Doxa édition. Analyse, ici, d’une œuvre remplie de métaphores et qui considère la pratique sexuelle comme une thérapie pour s’appliquer de nouveau après la perte d’un proche.

Sincères condoléances est un recueil de quatre nouvelles, étendu sur 183 pages. Son auteure, la Franco – béninoise, Gisèle Totin y cache une mesure pour se dispenser des douleurs que cause la mort d’un parent, d’un ami ou d’un proche. Le sexe.

Chacune des quatre nouvelles repose sur le deuil et le sexe. La première, intitulée Par Amour (pp7-52) est l’histoire de Josapha qui, pour se remettre du décès de sa mère, trompe Rodrigue, son époux en s’offrant une aventure avec Mike. Dans la 2ème histoire, titrée Mamange (Pp53-104), Gisèle Totin donne vie à Julisha et Benjamin. Ceux-ci pour se maîtriser après avoir perdu, chacun un être cher (épouse ; enfant), se lancent dans une éphémère relation amoureuse.

Kara, le personnage principal dans la 3ème nouvelle (Femme, Pp106- 136), perd également un être cher. Son adorable et unique garçon. La tristesse est profonde. Mais elle tente de se remonter grâce au cuisinier Sèdjro qu’elle croisa sur son chemin. Le dernier récit a pour titre Veuves (Pp140-178). Laure, la veuve de Noukpo ne s’est pas passée du sexe pour se consoler. A la page 166 du livre, on peut lire son escapade sexuelle avec Franck, le chauffeur d’un bus.

Un ouvrage érotique
Gisèle Totin peint son livre de descriptions d’ébats sexuels, avec un langage osé, cru.
Page73 « …je me suis assise à côté de lui et nous avons devisé tranquillement jusqu’à ce que ô ciel, je me retrouve renversée sur mon son sofa à l’embrasser goulument. J’étais comme une personne assoiffée qui reprenait les forces en s’abreuvant à une source providentielle. L’idée de repousser Benjamin ne m’effleura même pas l’esprit et au contraire, je m’offris sans retenir à ses explorations de plus en plus osées et précises. Encouragé et excité par mes propres caresses, Benjamin se débarrassa de ses vêtements sans cesser de m’embrasser. Je ne portais pas de culotte sous mon pagne, il fut rapidement dénoué puis Benjamin se protégea d’un préservatif avant de pénétrer sans sommation mon intimité brûlante et humide. J’ai ensuite savouré pleinement chaque seconde de ce délicieux dérapage jusqu’à la jouissance ultime !!! » Plus loin à la page 173, l’auteure présente : « …le lendemain, je suis remontée dans son bus en lui lançant un regard aguicheur. Bien évidemment, je ne suis pas descendue à mon arrêt et j’ai regardé les derniers passagers s’éloigner du terminus. Franck a pris son temps pour me rejoindre au fond du bus, les yeux brillants d’excitation. J’avais déjà relevé ma jupe et il découvrit rapidement que je ne portais pas de culotte. Ce soir, Franck m’a prise violemment sur les sièges- arrière de son bus. Il devra probablement réalisé son fantasme, tellement, il mit de l’ardeur à l’ouvrage. Quant à moi, j’étais tellement en manque que je le laissais à loisir me tourner et me retourner dans cet espace cloisonné qui étouffait mes cris de plaisirs. »

Ces descriptions sont mêlées, pour la plupart de pensées, lesquelles étonnent par leur aspect inattendu et ‘’extraordinaire ‘’. Page 62 : « le suicide est une maladie » ; p 74 : « le sexe m’a fait revivre » ou encore à la page 59 « j’allais baiser d’autres filles ». Gisèle Totin fait usage de langage de rue pour montrer le degré élevé de l’envie charnelle de ses personnages.

Avec cette manière de narrer les séances de rapports sexuels, on est tenté de conclure qu’elle fait de l’érotisme. De plus le plaisir de la chair a dominé tout le livre.

Une conclusion qui se trouve renforcée chez l’écrivaine italienne Maria Michela Mazarno qui estime que l’érotisme raconte l’acte sexuel avec des mots ou d’images.

L’ouvrage, pense-t-on, produit une excitation chez le lecteur. C’est vrai que cela paraît plus subjectif qu’objectif mais c’est une évidence que cette plume essaie de dévoiler l’attirance des Hommes pour le sexe, notamment quand ils sont contraints à une vie solitaire.

Esckil AGBO

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