Pratiques alimentaires : Patrimoine culturel immatériel, levier touristique

1989, année d’affirmation de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’Unesco…2005, une nouvelle discipline s’invite dans cette entité : la gastronomie ou pratiques alimentaires. A tout politique, levier touristique, élément mercantile, l’art culinaire s’inscrit désormais dans le répertoire du patrimoine culturel immatériel. Nécessité de le sauvegarder pour la postérité. Mais que retenir d’une cuisine traditionnelle inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco ? Amis lecteurs, bienvenus dans le 28ème numéro de votre magazine Vendredi des Patrimoines et du Tourisme (VPT)… Enquête…

« Faut-il craindre la disparition des savoirs et des pratiques alimentaires africaines ? ». Oui, pensons- nous, à l’instar du Centre International de Recherche et de Documentation sur les Traditions et Langues en Africaines (Certdotola). La sauvegarde desdites pratiques est absolument urgente. Mais avant, faire l’état des lieux serait d’un grand intérêt.

C’est pourquoi, le Cerdotola a initié le programme Alimentation Patrimoniale des Africains (ALIPA). Le lancement officiel de l’initiative a fait objet d’un atelier international tenu du 24 au 26 mai 2017 à Yaoundé au Cameroun. La coordonnatrice du programme revient ici sur l’objectif des trois jours de réflexion.

Pr Esther Ngah : « l’atelier vise à faire l’état des lieux de l’alimentation patrimoniale des africains, de voir où nous sommes, car certains mets traditionnels africains ont tendance à disparaître. Nous voulons donc faire un inventaire de ce qui nous reste comme mets et de les caractériser afin de les mettre à la disposition des communautés pour une meilleur conservation, valorisation et transmission de cet héritage ». Au total, les Experts, gestionnaires de patrimoines et traditionnalistes conviés à la ‘’rencontre ‘’ ont échangé sur 31 communications.

Le programme ALIPA, explique le Secrétaire exécutif du Cerdotola, Pr Charles Binam Bikoï veut « sensibiliser et mobiliser les énergies pour une véritable valorisation des mets traditionnels africains ». Car, analyse-t- il, « il ne peut pas y avoir de véritables émergences pour des peuples et d’industrialisation de l’Afrique sans la prise en compte de la réalité de l’aspect alimentaire ».

Clémentine Ananga Messina, pour sa part, se réjouit déjà de cette initiative. Elle confie qu’avec ce programme le continent africain peut « valablement tutoyer les autres modes d’alimentation patrimoniaux » dans le monde.

En clair, face aux menaces de disparitions des mets traditionnels qui pèsent sur l’Afrique, le Cerdotola, à travers son programme ALIPA est prêt à fouiner dans le passé du plus vieux continent afin de projeter de belles perspectives pour sa gastronomie.

Patrimoine alimentaire : Atout politique, élément de marketing et levier touristique
Lorsqu’un pays parvient à inscrire au patrimoine mondial de l’Unesco l’une de ses pratiques culinaires, ce n’est pas seulement la recette qui est imprimée dans le répertoire de l’institution. Sont également et surtout mis en exergue « toutes les traditions de production des matières premières, de fabrication et de mode consommation » du mets concerné.

L’Etat bénéficiaire de la distinction peut donc mettre à la disposition du monde entier un système d’agriculture pouvant faciliter la valorisation de ses aliments traditionnels. Du coup, il détient des éléments de marketing pour conquérir toute autre civilisation, rien qu’à partir de ses pratiques alimentaires.

Le patrimoine culinaire devient, de ce fait, un instrument politique pour lutter efficacement contre la pauvreté. Il suffit que chaque pays s’en rende compte.

En 2010, quand l’Unesco a fini par reconnaître la cuisine traditionnelle du Mexique, le pays, selon nos recherches, a « développé de nombreuses routes gastronomiques et foires mettant en avant ses produits locaux ». Grâce à cette démarche, les Mexicains ont vu grossir leurs traditions culinaires. Le pays accueille périodiquement un flux de curieux visiteurs qui envahit aussi bien les grandes villes que les zones excentrées. Le Mexique foisonne chaque année de touristes qui viennent découvrir sa gastronomie.

En plus d’être un atout politique et une clé mercantile, le patrimoine culinaire est un véritable levier touristique pour chaque pays.

Esckil AGBO_ Dekartcom, juin 2017

Le Centre
Lobozounkpa Commune d’Abomey-Calavi (République du Bénin)
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Le Petit Musée de la Récade
Horaires d’ouverture : 10h00-12h30/15h00-18h30
Nous rejoindre / indication : Lobozounkpa (Atrokpocodji),
Première von à gauche avant le collège ˝La Plénitude˝ en venant de Cotonou.

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