cimetière des dictateurs africains, une installation de l'artiste bénin Marius Dansou. Crédit photo: Le Centre

Our ephemeral struggles, la nouvelle exposition du Centre de Lobozounkpa

Le vendredi 25 mai, se déroulait le vernissage de l’exposition Our ephemeral struggles (Nos luttes éphémères) des artistes Marius Dansou (Bénin), Ahmed Hamidi (France) et Ardhy Massamba (République du Congo). Cette exposition s’inscrit dans le cadre de la 15ème résidence de création organisée par Le Centre dans une dynamique de promotion de la scène artistique contemporaine béninoise et internationale.

Pendant un mois de résidence de création, les artistes invités ont développé une réflexion et un travail artistique autour de la notion de lutte. Selon Marion Hamard, Responsable du pôle artistique du Centre : « Ce titre fait écho aux combats qui rythment nos sociétés contemporaines. Le fait que le terme éphémère soit barré, mais présent, dans le titre de l’exposition était pour les artistes, une manière de souligner l’intemporalité des luttes. Selon eux, aucune lutte ne peut être éphémère tant une victoire appelle inéluctablement d’autres engagements. »

Peinture, sculpture, installation, performance… sont autant de médiums présentés dans le cadre de cette exposition. Alors que Marius Dansou et Ardhy Massamba portent leurs regards sur la vie de quelques personnalités reconnues mondialement pour avoir marqué positivement comme négativement les différentes sociétés du continent, Ahmed Hamidi explore une dimension abstraite de la lutte.

‘’ Le cimetière des dictateurs africains’’
Stop est une installation de l’artiste Marius Dansou, pensée comme un « cimetière des dictateurs africains ». A travers cette œuvre, Marius Dansou exprime son mécontentement : « J’ai une rage en moi depuis un moment. Une révolte qui m’anime et cette exposition est un moyen de l’extérioriser. ». Ainsi, Marius Dansou présente-t-il des rangées de caisses noires dont la plupart portent un crâne. Celles qui sont vides, sont marquées d’un grand point d’interrogation. « C’est la tombe des dictateurs qui sont encore en vie. » explique l’artiste. Les dates marquées et les drapeaux qui caractérisent les ‘’tombes’’ permettent aux visiteurs d’identifier les dictateurs concernés.

Hommage aux personnalités mondiales
Ardhy Massamba a réalisé à l’occasion de cette exposition, des portraits de certaines personnalités qui ont marqué le monde à travers leurs luttes. Accrochées sur les murs du dernier espace de la salle d’exposition, ces portraits soigneusement réalisés à partir de sable et de peintures représentent de grands noms: Nelson Mandela, Thomas Sankara, Simone Veil et Malala Yousafzai du Pakistan. L’artiste a accordé une importance à représenter tant d’hommes que de femmes, issus du continent et d’ailleurs. Selon Ardhy Massamba, la lutte concerne chaque être humain, au delà de son genre, de son appartenance culturelle..

« Comment le spectateur va réagir par rapport à mon œuvre ? »
Ahmed Hamidi a présenté pour cette exposition des installations et une performance. Il a réalisé des sacs de frappes suspendus, faisant écho à la lutte de chaque être avec lui-même. Ahmed Hamidi mène une recherche autour de l’interaction des œuvres avec les visiteurs: « Comment le visiteur va réagir par rapport à mon œuvre ?» a-t-il précisé. Dans la salle d’exposition du Centre, Ahmed Hamidi a fixé au plafond un sac de frappe attendant la réaction des visiteurs. Ce sac de frappe de forme irrégulière est marqué de traits de différentes couleurs réalisés à la pastel: « Ces formes sont abstraites mais peuvent représenter plusieurs choses pour les gens. Pour moi ce sont mes peurs, c’est en tapant dessus que je m’en débarrasse. ». Le soir du vernissage, l’artiste a d’ailleurs réalisé une performance : il s’est lancé dans un sérieux combat avec les sacs de frappe. Ces sacs bougeaient, tournaient, se touchaient sous la force des coups de pieds et de poings que leur portait Ahmed Hamidi.

L’exposition est ouverte jusqu’au 28 juillet 2018 au Centre (Lobozounkpa).

Hubert KIDJASSOU

 

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