Performance de la compagnie « Dumanlé » / Ph: Tognidaho

Fitmo 2019- Spectacle de danse : « Cocorico», un nouveau souffle au trentenaire

La compagnie « Dumanlé » de la Côte d’Ivoire a, pour les trentenaires du Fitmo, présenté un spectacle de danse dans la nuit du lundi 28 octobre 2019 au théâtre de verdure Sony Labou Tansi de l’espace Gambidi.  Intitulé « Cocorico » ce spectacle a fait forte impression.

Nous sommes le lundi 28 octobre 2019. Il est 21h passée de 30 minutes. Dans les gradins du théâtre de verdure Sony Labou Tansi de l’espace Gambidi, jouxtent des spectateurs venus de divers horizons. En groupe ou à deux, des discussions se mènent à voix basse entre voisins. Tandis que têtes baissées, d’autres s’affairent sur leurs téléphones. Soudain, 9 chorégraphes dont 2 femmes et 7 hommes font irruption et prennent possession de la scène. Aux premiers retentissements de tambours, ils captivent toutes les attentions. Discussions, téléphones ou autres occupations, tout s’estompe. Tous les yeux sont à présent rivés sur ces ambassadeurs ivoiriens et ce, pour 45 minutes.

4 barriques, 1 Toumba et 1 Djembé (percussions africaines), des danseurs fougueux, vêtus de costumes assez remarquables avec des raphias ceints à la taille. C’est la danse « Gla », exécutée par la compagnie ivoirienne Dumanlé. Avec ce spectacle intitulé « Cocorico », ils transportent les spectateurs à l’ouest de la Côte d’Ivoire. A 9 ils se permutent les rôles tout le long du spectacle. Tantôt percussionnistes, tantôt danseurs et mêmes chanteurs, les chorégraphes fascinent le public. Ils réalisent des figures assez complexes. Comme s’ils étaient habités par une force surnaturelle, les chorégraphes de Dumanlé se laissent aller à une transe qui ne dit pas son nom. Tantôt regroupés ou dispersés ils exécutent des acrobaties et des pirouettes dont eux seuls détiennent le secret visiblement.

Si grâce à ces figures acrobatiques, les hommes se démarquent, les femmes de cette troupe, quant à elles, ne sont pas du reste. Telle des tigresses, elles s’imposent. Dans une chorégraphie minutieusement exécutée, ces dernières usent d’énergie, comme si la force et l’expression du visage ne font qu’un dans la pratique du « Gla ». Sourires aux lèvres, elles n’hésitent pas à sauter de la scène pour se rapprocher du public, histoire de transmettre cette passion. Même si le ciel est fortement nuageux et présage d’une imminente pluie, personne ne fait l’option de se lever. Très emballés par ce show saisissant, les spectateurs restent collés aux sièges jusqu’au dernier tableau de ce spectacle dont la pression est restée constante du début jusqu’à la fin.

Interviewé à la fin du spectacle, le metteur en scène Souleymane Sow explique que comme le chant du coq dans la tradition africaine, « Cocorico » annonce un nouveau jour, un nouveau souffle. Raison pour laquelle ce spectacle a été rendu avec tant de fougue car il faut une forte énergie tôt le matin pour affronter toute une journée. C’est une œuvre du chorégraphe ivoirien Herman Yao Nikoko assisté dans la mise en scène par Souleymane Sow.

Inès Fèliho

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