Le slameur béninois Amagbégnon sur la scène du festival arts en couleurs 2018. Copyright Dâh Photography

Festival arts en couleurs 2018 : Retour sur le spectacle du slameur Amagbégnon

Le slameur béninois Amagbégnon a donné un concert dans le cadre du Festival arts en couleurs, le vendredi 7 septembre 2018 au centre culturel et artistique « Le Parking » à Cotonou. C’était une belle soirée dédiée aux vers.

Des vers poignants, déroulés sur des mélodies porteuses de messages édifiants, le tout renvoyant à une prise de conscience mais surtout au dialogue inter-religieux. C’est le condensé du concert live du slameur identitaire Amagbégnon, organisé le vendredi 7 septembre 2018 au centre culturel et artistique « Le Parking » à Fidjrossè.

Invité dans le cadre de la 2ème édition du Festival Arts en couleurs de l’association culturelle ‘’Premiers pas’’ en synergie avec des acteurs culturels béninois, le slameur de la culture Vodoun a partagé avec ses spectateurs, son ambition, son rêve pour un monde prospère sans conflits religieux.

En face d’un public mixte représentant toutes les races humaines, Amagbégnon Eklou en digne fils de Kpovidji à Grand-Popo a assumé son identité culturelle à travers ses vers.

« La vraie révolution n’est pas celle qui prend les armes mais celle qui œuvre pour l’élévation de l’âme ».

Dans un style vestimentaire ‘’tradi-moderne’’ de couleurs vives, Amagbégnon, pied nu, apparait dans le public du Parking tenant une calebasse – à presque moitié, remplie d’eau, en main. Il se faufile entre les spectateurs en déroulant un aphorisme sur une note musicale que lui proposent les instrumentistes tout en rejoignant la scène.

En signe de salutation aux ancêtres, l’artiste verse le contenu de la calebasse au sol avant de démarrer son spectacle. En compagnie de Gaby à la guitare, Bona à la percussion, Valdo au piano et Christian au Djimbé, le slameur se révèle tel un porteur de message.

Sur le titre « Amon nou dé » de l’illustre chanteur béninois Sagbohan Danialou, il entame son show de ‘’verbe’’. Puisque vocaliste, il ne l’est pas, Amagbégnon laisse le soin aux musiciens de l’accompagner et d’assurer le chœur pendant qu’il s’attèle à affirmer son appartenance à la culture vodoun.

Avec des mots soigneusement choisis pour traduire des émotions enfuies au plus profond de son être, il déclare son amour à la religion de ses ancêtres avant de mettre en lumière le dégât des conflits inter-religieux. Suite à cette phase introductive, Amagbégnon enflamme le public avec le texte « Révolution ».

Ici, il captive toutes les attentions en dénonçant les maux qui selon lui, empoisonnent le vivre ensemble des êtres humains. « La vraie révolution n’est pas celle qui prend les armes mais celle qui œuvre pour l’élévation de l’âme ». Cette phrase, il la répète en guise de refrain tout le long de ce texte pour attirer l’attention de tous sur la nécessité d’une prise de conscience urgente.

Entre hommage, dénonciation et reconnaissance, le slameur débite ses textes l’un après l’autre, dans un flow propre à lui. Sur le titre « Le khamite assumé », il rend hommage à l’illustre disparu Oscar Kidjo, grand acteur culturel et défenseur des valeurs endogènes. Mais la soirée ne s’est pas faite que de dénonciation et de conscientisation. Il y a également eu des moments d’extase et d’humour avec le concours des artistes comme Koudy Fagbémi et le slameur Gopal Das qui ont réussi à faire danser plus d’un en soutenant Amagbégnon sur scène.

Il faut rappeler que c’est la chanteuse togolaise Djenny Djella qui a assuré la première du spectacle. Munie de sa guitare elle a distillé de la bonne musique en déroulant un riche répertoire avec sa mélodieuse et frissonnante voix.

Inès FELIHO

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