EMO DE MEDEIROS : un artiste plasticien aux multiples talents

De nationalité béninoise et française, Emo de Medeiros vit et travaille entre Paris et Cotonou. Encore peu connu du public béninois, il a récemment, à Cotonou, présenté son travail à la presse béninoise.

Emo de Medeiros a grandi à Cotonou, puis est allé faire ses études supérieures à Paris, à l’ENS puis au Beaux-Arts de Paris. Actuellement l’artiste travaille sur de nombreux média, dont la vidéo, la performance, la musique électronique, les fétiches, les sèmes irréguliers, les appels téléphoniques, les QR codes, la photographie, les installations performatives, les écrans embarqués, ou encore les cornes de taureau. Il a montré son travail au 58e salon de ses Montrouge en 2013, au Palais de Tokyo en 2014, et au salon international Ddessin du dessin contemporain à Paris en 2015.

Artiste plasticien utilisant fréquemment le numérique, Emo de Medeiros part d’un seul principe, celui de la « contexture » qui consiste à mobiliser et mélanger des textures matérielles ou abstraites allant de l’acier usiné du ready-made à la musique électronique. Parmi ses œuvres, on trouve une série de « toiles de métal » réalisées avec le concours d’artisans béninois, ou encore la séries des « toiles électroniques » qui sont des vidéos montées en boucles et présentées sur des moniteurs multiples.

Une autre série, les « Points de Résistance », faites de poings de métal, fait allusion au poings levés des athlètes afro-américains sur le podium des Jeux Olympiques de 1968 et comporte sept couleurs différentes le blanc, le rouge, le noir, le vert, le bleu, le jaune, et le rose ; toutes ont une signification diverse selon les contextes et les cultures.

Il crée également des « électro-fétiches », notamment Saint-WaHo une sculpture qui incorpore un QR code, un smartphone et qui parle…avec la voix d’Andy Warhol. Originaire du Bénin, sa terre natale et berceau du vaudoun, l’artiste aux talents multiples n’a pas omis d’y faire également allusion grâce à son œuvre « Radio Vodun », une sculpture qui incorpore un plateau de Fa.

Toujours attaché à ses origines, Emo de Medeiros a également créé une série, Zemidjan, mêlant dessin traditionnel et dessin numérique, ayant pour sujet les hommes en jaune de Cotonou.

A cela il faut ajouter Kaleta/Kaleta, une œuvre qui fusionne installation vidéo et performance, où des images filmées à Ouidah, sont manipulées, séquencées et composées en correspondance avec des morceaux de musique électronique afrobeats.

Dans le même temps où il explore ces différents champs de l’art, il crée au Bénin une association, « Atlantic Arts » destinée à produire et promouvoir les arts numériques, en formant des jeunes aux différentes disciplines de ces arts (photo numérique, vidéo, musique électronique, images de synthèse).

Rappelons que quelques années ont suffi pour que cet artiste sortant de l’ordinaire réalise tous ces chefs-d‘œuvre ainsi que de nombreux autres qui restent à découvrir. Ce mélange des arts traditionnels et des arts numériques est une nouvelle voix et une nouvelle voie non seulement au Bénin, mais aussi à l’extérieur où il représente avec brio notre pays comme récemment au Palais de Tokyo, ou encore au salon Ddessin du dessin contemporain à Paris, où les habitants de la capitale française ont pu découvrir les Zemidjan si connus des Cotonois.

Zinatou Mahamoud (Stg)

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