Claude Guingané, Directeur Administratif du Festival international de théâtre et de marionnettes de Ouagadougou (FITMO). Crédit photo: Tognidaho

Claude Guingané, Directeur Administratif du FITMO sur les 30 ans du festival « On veut surprendre notre public»

La 18e édition du Festival international de théâtre et de marionnettes de Ouagadougou (FITMO) pointe à l’horizon. Cette édition consacrera les 30 ans de la biennale. D’ores et déjà, le comité d’organisation met les petits plats dans les grands pour que cette édition soit particulière. Dans une interview qu’il nous a accordée le 28 septembre dernier, Kira Claude Guingané, Directeur administratif du festival et Directeur de L’Espace Culturel Gambidi (ECG) nous parle des préparatifs, des innovations majeures ainsi que des conditions de participation.

La prochaine édition du FITMO aura lieu en 2019 et consacrera les 30 ans de l’événement. Comment s’annonce cette édition ?
30 ans ça se fête, c’est une étape qui est importante parce qu’une activité qui continue d’exister après 30 ans, c’est qu’elle a connu un sacré parcours. On veut, pour ce faire, marquer cette 18e édition de façon significative.

Quels sont les défis de l’organisation au regard de l’ampleur que doit conférer cette édition ?
Parlant sous le contrôle du président du FITMO, je puis dire que le comité met tout en œuvre pour relever le défis de rendre belle cette édition avec une ambition artistique, de présenter aux fans du festival une sélection artistique remarquable qui impulsera le FITMO pour des années. Point de vue innovations, il y a en aura. Ce qu’on veut, c’est surprendre notre public avec des nouvelles activités et privilégier également la collaboration des coproductions. Le festival c’est aussi permettre la rencontre des peuples, des artistes. Il y aura la décentralisation du festival, mais pas dans les mêmes formes qu’avant, cette fois-ci, avec des nouvelles idées artistiques, des nouvelles façons d’aller vers le public avec les arts. Le Centre Gambidi sera toujours le village du festival.

A-t-on déjà une idée du thème de cette édition ?
Il y a plusieurs thèmes qui sont entrain d’être étudiés actuellement et avant la fin de l’année, nous allons statuer. Il y a tout de même beaucoup de thématiques qui nous inspirent et qui sont en rapport avec le contexte actuel. Il y a aussi une idée de continuité avec ce qui a été fait avant. Retenez que, la thématique est laissée libre choix à chaque pays (le festival étant itinérant, Ndlr). L’organisation du Mali par exemple peut décider d’un thème qui n’est pas celui du Burkina. En effet, l’objectif aussi c’est de ramener les choses aux contextes de chaque localité. On s’est rendu compte qu’imposer une thématique à tout le monde n’est pas forcement la bonne chose car on n’a pas les mêmes réalités.

Peut-on avoir une idée des pays qui seront invités ?
Le FITMO est un festival qui se déploie dans 4 autres pays en plus du Burkina. Il s’agit du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Niger. Au-delà de ces pays de ces pays, plusieurs d’autres pays nous ont fait des demandes. Mais je ne peux vous affirmer quoi que se soit. C’est au comité de décider, quel pays inviter dans le circuit. Mais nous étudions les dossiers, car l’ambition du FITMO, c’est de pouvoir un jour parcourir l’Afrique. Le circuit de ce festival sert à un artiste de pouvoir repartir dans un endroit sans assez de difficultés. Le FITMO est un formidable outil d’intégration sous-régionale.

Quelles sont les conditions pour participer au FITMO ?
Nous on lance un appel à proposition de spectacles. En général c’est au 1er trimestre de l’année du festival. Dès le premier trimestre de 2019, l’appel sera lancé pour recueillir les dossiers de spectacles. Une commission sera réunie après cette phase de réception de dossiers pour les examiner. Il est demandé dans le dossier une vidéo du spectacle, le dossier du spectacle, la fiche technique, etc. En, gros des documents classiques. La commission épluche alors ces données et commence à faire des sélections en fonction de beaucoup de paramètres parce qu’on veut que le FITMO soit un festival où il y ait une représentativité africaine. Après quoi, on publie la liste de ceux qui ont été sélectionnés et on répond aussi à ceux là qui n’ont pas été sélectionnés.

Il y a-t-il des difficultés que vous rencontrez ?
L’une des difficultés majeures du FITMO est financière. Le contexte est de plus en plus difficile, le continent avec les problèmes de nos Etats qui financent de moins en moins ces types d’activités. Les partenaires également. C’est pour nous, une opportunité de lancer un appel à la mobilisation générale et aux partenaires de continuer à nous faire confiance. Ce que nous faisons, c’est pour la cohésion de nos Etats.

Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des artistes ?
Le FITMO malgré les difficultés va se tenir, va évoluer, va travailler à améliorer les choses et d’en faire un événement qui sera encore plus un rendez-vous pour les artistes qui vont repartir comme d’habitude, heureux d’avoir participé à un tel festival. Aux artistes qui croient en nous, qu’ils continuent dans cette même lancée. On leur donne rendez-vous pour la prochaine édition, qui sera une édition d’anniversaire. Les artistes, ce qu’ils ont de magnifique, c’est qu’ils sont capables d’influencer l’humain par les arts, afin qu’il soit un meilleur humain pour la société. J’en appelle donc à la créativité de ces artistes, à leur capacité à nous sortir encore des spectacles plus beaux et qui vont peut-être d’ici, trouver d’autres opportunités pour aller ailleurs.

Propos recueillis par Judith TCHIMADI

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