le spectacle « L’autopsie

Burkina Faso/70 ans de l’IIT au Burkina, le spectacle « L’autopsie» : une autopsie des maux de l’Afrique

Dans le programme de la soirée du jeudi 27 septembre 2018, il y avait ‘’L’autopsie’’, une pièce de théâtre qui décrit avec humour et ironie le comportement vicieux de certains chefs d’Etat africains : le mépris, le complexe d’infériorité à l’égard de leurs compatriotes ; pauvreté etc. Les personnages sont incarnés par Hyacinthe Kabré et Nogodo Ouédraogo.

Tout commence avec une musique retentissante. Deux personnes sorties du néant, font irruption au milieu des spectateurs. Ils chuchotent à leurs oreilles. Puis place à la scène. Un décor d’une salle d’hospitalisation, à l’intérieur de laquelle on aperçoit à travers le rideau transparent une dépouille sur un lit. C’est Rose, la femme du Pr hospitalo-universitaire. Ce dernier incarné par Hyacinthe Kabré et son assistant Doumé veulent faire l’autopsie du cadavre. Mais l’approche du mort est malaisée pour le jeune médecin (joué par Nogodo Ouédraogo).

A chaque approche du cadavre, il pique une crise semblable au stress et à la peur qui va lui faire vomir ses tripes. La mort de Rose paraissait visiblement, aux yeux de son chef, moins préoccupante que les recherches. Obnubilé par les travaux de son laboratoire, le professeur pense aux retombées de la ‘’Rosinedoz’’, un produit qui va soigner plusieurs maladies : maladie d’Alzheimer, amnésie. Il imagine déjà sa célébrité. Faire la Une des grands journaux du monde et avoir des audiences avec les grands chefs d’Etat de la planète. Cette découverte donne l’occasion au Professeur de singer le comportement de certains présidents du continent qui n’ont pas confiance au capital humain de leur pays. Ou qui refusent de mettre les moyens dans la recherche, sous peine qu’elle n’est pas une priorité. Pour eux, « l’Afrique regorge de substance noire que de grise ».

Cette pièce riche en enseignement et à la fois comique a émerveillé les spectateurs. Ce qui a valu une salve d’applaudissements aux comédiens à la fin du jeu. Elle a été écrite par Stanislas Drabo et mise en scène par Dr Hamadou Mandé.

Issa BEBANE / Ouaga 2018

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